Marburg Journal of religion

Vol. 6 N°1 Janvier 2001

LA CONTROVERSE AMÉRICAINE CONTRE LES FRANÇAIS ET LES ALLEMANDS

A PROPOS DES « NOUVELLES RELIGIONS », DE LA SCIENTOLOGIE ET DES DROITS DE L’HOMME

Stephen Kent

Département de Sociologie

Université d’Alberta

Edmonton, Alberta, Canada

Résumé :

Cet article critique les allégations d’intolérance religieuse proférées par les envoyés et les membres du gouvernement américain à l’encontre de la France et de l’Allemagne (et même d’autres pays européens) concernant leurs politiques et leurs actions contre la Scientologie et d’autres groupes controversés.

Il argumente en montrant que les envoyés américains sont apparus pauvrement informés sur les fondements des positions critiques des Européens, et qu’ils ont été les récipiendaires d’une information sélective fournie par la Scientologie elle-même, ou par ses affidés.

Il conclut en offrant une analyse préliminaire de cette controverse européo-américaine, dans le contexte de la théorie des « mouvements sociaux internationaux » en sciences sociales.

Remarque :

Cet article est une version révisée et complétée d’une communication Réflexion sur la persécution religieuse comme réponse de la politique américaine au Trinity Collège de Hartford, Connecticut, USA le 26-27 septembre 1999.

Table des matières :

1. Introduction

2. Sources officielles de l’information sur les Droits de l’Homme en Europe

3. La chute du Mur de Berlin et son impact sur la religion

4. Les réussites de la Scientologie dans ses négociations avec l’IRS (Internal Revenue Service) pour l’exemption de taxe et le statut d’ONG

5. Les décideurs politiques américains et leurs relations avec des religions controversées

5.1. L’Église de l’Unification

5.2. La Scientologie

5.3. La loi américaine sur la « subversion »

5.4. Les stars hollywoodiennes et leur comparaison « nazie »

6. Le premier cercle d’influence et de défense des « religions » controversées en Europe

6.1. Les allégations françaises contre Karen Lord

6.2. Lobbies complémentaires de défense des « religions » controversées en Europe

7. La leçon américaine à propos des organisations d’information ou de lutte contre les sectes

8. Les « listes de sectes » en Belgique et en France

8.1. L’institut théologique de Nîmes, l’église de la Grande Grace (aussi traduit par grandissime grace, ndt) et du groupe « La Bible parle » (The Bible speaks)

9. Les actions et soucis du gouvernement français

10. Les violations des droits religieux de l’Homme sur le territoire américain.

10.1. Les programmes RPF de la Scientologie

10.2. Les lacunes américaines à protéger les enfants contre les pratiques néfastes des religions

10.3. Plaintes quant aux droits de l’homme servant de déguisement à des abus

10.4. Gerry Armstrong, les accords forçant au silence et le droit à la dignité

11. Conclusion : la Scientologie, un « mouvement social international » et son opposition

11.1. Les « mouvements sociaux internationaux » et les organisations domestiques 11.2. Les tendances culturelles américaines ayant facilité les tentatives d’expansion globale de la Scientologie

11.3. L’effondrement du communisme et ses effets sur les aspirations mondialistes de

la Scientologie aux USA et en Europe

11.4. La mobilisation de la communauté internationale

11.5. Comités de réflexion, commission d’enquètes, et lobbying

11.6. Appels aux organisations internationales liées à des gouvernements

11.7. Tentatives pour contrer la Scientologie

11.8. L’opposition et Internet

11.9. Une organisation émergente « contre » : le Lisa Mc Pherson Trust

Bibliographie

1. INTRODUCTION

Ces dernières années, de nombreux envoyés du gouvernement américain ont été très critiques vis-à-vis de quelques approches européennes de la question des groupes dénommés sectes, « cults », religions minoritaires ou alternatives, ou nouveaux mouvements religieux. Ces groupes ont été l’objet d’études gouvernementales dans de nombreux pays européens : Belgique , France , Allemagne , Suède , et Suisse et nombre de ces études ont soulevé des doutes chez des officiels américains. En outre, les batailles de la scientologie en France, Grèce, Belgique et surtout en Allemagne ont impliqué de la presse américaine tandis que d’autres batailles concernaient les Témoins de Jéhovah dans un certain nombres d’états européens . Certaines nations ont mis en place des observatoires des sectes ou d’autres corps administratifs afin de recueillir des informations et éduquer leurs concitoyens sur les dangers de nombre de ces groupes. L’existence de ces observatoires a inquiété les agences américaines.

En s’efforçant de contrebalancer les critiques qu’ont reçues la France et l’Allemagne pen raison de leurs positions sur la scientologie et d’autres organisations controversées, cet article mettra en lumière les réponses apportées par des organisations des droits de l’homme, groupes (quelquefois importants aux USA) que les conseillers et le gouvernement américain négligent en examinant leurs équivalents dans les pays européens. Bien que je ne partage pas toutes les positions que ces pays européens ont prises dans ce débat très sensible et complexe, je comprends pourquoi les gouvernements français et allemand croient que les Américains refusent de comprendre que certains groupes – en particulier la scientologie – sont des dangers pour la démocratie et/ou les citoyens et nécessitent une opposition gouvernementale sans compromission. Quoi qu’il en soit, pour comprendre par quelles voies se font l’examen et la critique américaines des positions de la France et de l’Allemagne sur la scientologie et d’autres groupes, il serait utile de passer en revue quelques unes des sources officielles d’information sur les réponses européennes aux droits de l’homme, et particulièrement dans ce contexte les facteurs qui ont contribué à transformer le paysage religieux européen ces dernières années.

2. Sources officielles d’information sur les réponses européennes aux droits de l’homme

Au moins dans la partie anglophone du monde, la plupart des informations sur la situation des droits de l’homme en Europe provient des Etats-Unis, en particulier grâce aux deux rapports annuels du Département d’Etat américain. L’un porte sur les droits de l’homme et l’autre (après la promulgation en 1998 de l’Acte international sur la liberté religieuse) sur la liberté religieuse . Ces rapports annuels commentent les situations des droits de l’homme dans tous les pays du monde (à l’exception des États Unis eux-mêmes) et quelques uns contenaient des portions critiques des supposées persécutions contre quelques « religions » dans plusieurs pays européens. De sérieuses violations des droits religieux peuvent entraîner des sanctions américaines.

L’Organisation (auparavant Conférence) des 54 pays de le Sécurité et de la Coopération en Europe [OSCE] porte sur les mêmes sujets. En 1976, le Congrès américain a créé la commission pour la sécurité et la coopération en Europe, que les gens appellent plus communément la Commission Helsinki (ville où se sont signés les accords de fondation de la CSCE). Les obligations de cette commission Helsinki sont de surveiller et de rapporter les décisions de la CSCE (aujourd’hui OSCE), un processus multi-national qui va de la sécurité militaire, de la coopération économique et environnementale aux droits de l’homme et aux tentatives humanitaires. A cette fin, la Commission poursuit ses propres buts aux réunions CSCE, entend des congressistes, installe les délégations des différents pays, et publie des rapports. La Commission a fixé une attention particulière à la mise en place d’accords sur les droits de l’homme qui étaient l’une des questions en suspens entre l’ex URSS et les pays de l’Est avec les États Unis

Quelques auditions de cette Commission d’Helsinki ont gravement offensé les délégués français et allemands.

Bien sûr, l’Europe est une partie extrêmement complexe du monde, où les anciens tribalismes sont recouverts par des liens de langues, de religions et de nations. Dans ses plus grandes dimensions, elle inclut la Russie à l’Est et le Groenland et l’Islande à l’Ouest, et le statut des « nouvelles religions » varie considérablement selon les nations. Il existe de nombreuses manières de regrouper les réactions et les politiques face aux nouveaux mouvements religieux, mais la plus efficace semble être de partir d’organisations existantes. Les quinze nations de l’Union Européenne, par exemple, ont publié, par le biais du Comité des Libertés Civiles et des Affaires intérieures un rapport sur les sectes en 1997 , rejeté par le Parlement européen en juillet 1998 pour examen ultérieur . Le Conseil de l’Europe (41 états) a émis une recommandation contre les « actions illégales des sectes » en 1999 . De même, la Commission des Droits de l’Homme et la Cour des Droits de l’Homme interviennent périodiquement à propos de ces groupes. Dans ces organismes européens s’occupant des droits religieux de l’homme, les Nations Unies interviennent pour surveiller les réponses par le biais d’ONG qui jouent au niveau national ou international.

Des controverses brûlantes sur les « nouvelles religions » ou sectes ont eu lieu entre les Français et Allemands d’une part, et les Américains de l’autre, et ces controverses sont l’objet central de cette étude. Ces controverses ont surtout concerné la Scientologie. Les réactions européennes à cette organisation d’origine américaine, mais transnationale, sont devenues un point de tension dans les relations internationales et l’essentiel des informations produites par les agences américaines concernant les droits de l’homme se sont polarisées sur ce sujet. En outre, la scientologie elle-même a mené campagne contre l’opposition que lui faisaient la France et l’Allemagne et a rendu les agences gouvernementales américaines et bien des ONG sensibles à ses plaintes. Bien sûr, les contextes sociaux et culturels ont été transformés par la mort du communisme européen et cela vaut la peine de discuter des ramifications les plus évidentes ayant un effet direct ou indirect sur la question scientologie.

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3. La chute du Mur de Berlin et son impact sur la religion

Une nouvelle ère pour la religion a commencé en Europe avec la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989). Les religions dont la présence dans les pays communistes avait été empêchée, ou qui avaient été bannies se sont précipitées dans ces territoires libérés de tout contrôle sociétal et de toute restriction à la circulation . A l’été 1992, par exemple en Allemagne de l’Est, on estimait que « 300 groupes recherchaient des adeptes » . Un an plus tôt, 18 293 convertis étaient baptisés comme Témoins de Jéhovah en Tchécoslovaquie,, Hongrie, Yougoslavie, Pologne, Roumanie et Union Soviétique, alors que plus de 370 000 membres assistaient à trente conventions dans ces pays de l’ex-bloc communiste . En même temps, les enseignants religieux ou philosophes du « Nouvel Age » saisissaient les mêmes opportunités, et début 1992 donnaient des conférences publiques et tenaient des réunions dans des villes comme Prague, Budapest ou Cracovie . En Albanie, des églises d’origine américaines et des groupes islamiques proliféraient, pendant que le gouvernement bannissait la scientologie (après un scandale de corruption), rare exception dans des politiques extrêmement tolérantes .

Partout, les religions qui avaient pris la place des partis d’opposition (comme le catholicisme dans l’ancienne Allemagne de l’est ou en Pologne) ont dû se redéfinir elles-mêmes après l’ennemi athée qu’avait été le pouvoir politique communiste . D’autres religions (comme l’Église orthodoxe roumaine), qui avaient été très alignées sous les anciens régimes, se débrouillaient tant bien que mal pour établir une nouvelle identité. Incontestablement la plupart des forces religieuses qui avaient agi après la chute du Mur étaient exclusivement européennes, comme en témoignent les longues pressions exercées parmi lesquelles l’on retrouvait les tensions entre catholiques, protestants et orthodoxes. Malgré ces tensions, beaucoup de pays européens ont varié face aux églises en place. L’Allemagne, les pays scandinaves, le Royaume Uni, la Grèce, etc, montrent ces variations. On constate alors les différences entre états, en fonction des religions “préférées”. La plupart du temps, certaines religions (pour des raisons historiques et culturelles) ont été favorisées avec des statuts spéciaux et des bénéfices.

La ruée missionnaire que ces pays ont connue impliquait des vagues de prosélytes d’organisations nées aux Etats-Unis . Les missions d’origine américaine ont représenté de nombreuses expressions religieuses, des Chrétiens Évangélistes aux chrétiens hétérodoxes (Mormons, Témoins de Jéhovah), et des regroupements et des prétendants au statut religieux, comme les ” religions alternatives” (ex: la scientologie). Même des groupes controversés comme Hare Krishna ou l’Église de l’Unification (les moonistes) ont des attaches très solides aux États Unis . Nées aux États Unis ou n’importe où ailleurs, quelques « sectes établies » ont recruté en Europe bien avant la fin du communisme et avaient des infrastructures bien développées et un passé dans des pays variés au delà du Rideau de Fer .

Partant des États Unis, les Chrétiens Évangélistes étaient les mieux organisés, avec des structures étendues dans les classes populaires et (après l’élection présidentielle de Ronald Reagan en 1980) une expérience considérable de l’anticommunisme et des activités dans les affaires étrangères dans des pays comme le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, les Philippines et l’Afrique du Sud . Quelques organisations de droit chrétien – la Majorité Morale de Jerry Falwell, le Conseil des Libertés de Pat Robertson, « Maranatha Campus, et le néo-conservateur Institut de Religion et de Démocratie assistaient aux réunions tenues par la Maison Blanche au sujet de l’Amérique Centrale . Pris ensemble, les membres de ces groupes avaient « la conviction que la mondialisation croissante était un signe des prophéties bibliques annonçant le retour du Christ et le début de l’Armageddon. Le véritable but que la plupart de ces protestants conservateurs – auto-proclamés évangélistes – s’assignaient était de transmettre le message, comme Jésus l’avait ordonné , « dans le monde entier » » . Vraisemblablement, seul le christianisme américain conservateur, d’après ces évangélistes, pouvait faire échapper le monde à la tragédie .

Ainsi, en même temps que l’Europe s’ouvrait comme un nouveau champ de mission, les Évangélistes et les fondamentalistes étaient d’ores et déjà bien connus dans les cercles des affaires étrangères et du Département d’Etat. Leurs tentatives missionnaires correspondaient fréquemment aux plans politiques et sociétaux américains, alors que le Département d’Etat échangeait l’abaissement de barrières diverses contre des efforts financiers. Dans les débats actuels sur les droits religieux en Europe, les Chrétiens Évangélistes continuent à jouer un rôle significatif du « côté » américain.

Par exemple, l’un des membres de la Commission du Département d’Etat sur la liberté religieuse, John R. Bolton, provient de l’aile droite de l’Institut américain des Entreprises, structure bien pensante du milieu d’affaires . Un autre membre est Nina Shea, directrice du centre pour la liberté religieuse à la Maison de la liberté, ONG chrétienne conservatrice qui aspire à « re moraliser la politique extérieure américaine » et «en finir avec le statu-quo de l’ordre libéral » . Le directeur exécutif de la Commission, Steven Mac Farland a été le directeur du centre juridique de la Société pour la Loi Chrétienne, « une organisation d’avocats Évangélistes Chrétiens » .

Au début de 1999, le Président Clinton a choisi un Chrétien Évangéliste de choc, détenteur du « Distinguished Public Service Award » du Département d’Etat, Robert A. Seiple, comme premier américain « ambassadeur itinérant” pour la liberté religieuse, un titre qu’il a abandonné en septembre 2000 . A un groupe de prières en janvier 1999, Seiple racontait “comment sa foi l’a soutenu dans des moments difficiles de sa vie, y compris les 300 missions de combat qu’il a menées pendant la Guerre du Vietnam. En plus il a servi pendant 10 (sic : 11) années comme président de World Vision Inc … ». Au début des années 90, World Vision était « la plus grande agence de développement et de recrutement des Évangélistes » , dont les produits touchaient chaque année des millions de personnes de par le monde. Néanmoins, un rapport fait il y a une dizaine d’années sur cette organisation concluait « World Vision apparaît souffrir de conflits entre ses bonnes intentions, ses buts évangélistes et son engagement en politique » . Ce conflit devint apparent en 1997, quand d’autres Chrétiens conservateurs trouvèrent que World Vision soutenait le planning familial quand celui-ci s’impliquait dans le combat pour l’avortement (ce que cette organisation ne faisait pas ). Je sais, par une correspondance privée, que l’un des membres du gouvernement français s’est étonné de l’influence des idées religieuses de Seiple sur la perception des réponses aux droits religieux de l’homme.

Une autre Chrétienne Évangéliste dans cette controverse sur les droits de l’homme est Karen Lord, conseillère dans la Commission Helsinki – un fait qu’elle m’a confirmé lors d’une brève rencontre à Washington, D.C. au début de 1998. Au final et plus grave, en 1997 le Bureau de la Démocratie, des droits de l’homme et des affaires sociales au Département d’Etat a publié un rapport particulier de préconisations au gouvernement américain sur les persécutions subies par les Chrétiens de par le monde .

Ces missionnaires américains ont rencontré souvent des langues, des cultures et des lois qu’ils ne comprenaient pas. Les relations Eglise-Etat, par exemple, varient beaucoup en Europe, d’une façon qui rend perplexes les visiteurs américains. Ainsi, même la pratique de la démocratie en Europe, avec des Parlements et des organismes chargés d’adapter les lois nationales aux accords trans-européens est différente de l’expérience gouvernementale américaine . L’Allemagne, par exemple, a une constitution qui interdit au gouvernement laïc d’établir une religion d’Etat, mais les percepteurs collectent les impôts pour le catholicisme, le judaïsme et les communautés protestantes agréées. De plus, le gouvernement doit maintenir une protection « militante » de « l’ordre public libre et démocratique» qui oblige les autorités à surveiller et si nécessaire à agir contre les organisations antidémocratiques opérant dans le pays . Cependant, une telle action, ne doit pas violer les traités des droits de l’homme que l’Allemagne a ratifié. Cette position intervenante reflète les tentatives de ce pays pour protéger sa démocratie afin d’empêcher un groupe comme le nazisme de gagner de l’ascendant politique. Parce que cette position n’a pas d’équivalent aux États Unis, quelques Américains se rebiffent et refusent que le gouvernement allemand (à travers son Office Fédéral pour la protection de la Constitution) surveille officiellement un groupe d’origine américaine, la Scientologie .

Quelque peu différente, la constitution de la France définit le pays comme un Etat laïc, mais une clause de 1905 donne au gouvernement la possibilité de différencier parmi les groupes religieux entre non-imposables « associations cultuelles » et les imposables « associations culturelles ». A partir de ces paramètres laïcs, de plus, une Commission française a identifié des groupes dont les croyances peuvent porter atteint à l’ordre public par leur totalitarisme, les violations des libertés fondamentales, leurs exigences financières exagérées, le discrédit porté sur les médecines scientifiques, etc… Ces désignations ont mis le pays au ban du Département d’état, en partie parce que certains des groupes incriminés (comme la scientologie et les Témoins de Jéhovah) avaient des liens directs aux États Unis.

Les États Unis se sont impliqués dans cette controverse sur les droits de l’homme à propos des religions alors même que leur propre gouvernement n’avait pas ratifié la convention des nations Unies sur les droits de l’enfant, ainsi que d’autres traités. Ces absences de ratification de nombreux traités cruciaux pour les droits de l’homme ont mis les USA au ban des nations européennes. Par exemple, un rapport cinglant a été fait en 1999 sur les violations américaines des Droits de l’Homme , par une ONG, Human Rights Watch. On y lit :

En 1998, les États Unis continuent à se dispenser de leurs obligations vis à vis des droits de l’homme, en particulier quand ces lois internationales des droits de l’homme garantissent une protection ou des indemnisations inexistantes dans les lois américaines. Pour celels de ces lois qui ont été ratifiées, cela a toujours été avec des réserves et des additifs protégeant les lois américaines existantes, qui, des années plus tard ne sont toujours pas modifiées. De surplus, les États Unis sont à la traîne du reste du monde développé pour les droits de la femme et les droits des enfants.

En conséquence, les États Unis et les principaux pays européens gardent chacun leurs propres normes en matière de droits de l’Homme.

Dans l’escalade de la controverse sur les droits religieux de l’homme, les Européens se réfèrent souvent aux principales tragédies sectaires qui ont eu lieu partout dans le monde . De plus l’Europe a connu ses propres tragédies. 21 des 80 Davidiens morts au Mt Carmel en 1993 étaient britanniques et la plupart des 74 victimes de meurtre/suicide de l’Ordre du Temple Solaire (qui sont mortes à des dates variées entre fin 1994 et début 1997) étaient Suisses ou Françaises . Les autorités croient avoir évité un désastre quand la police espagnole a arrêté en 1998 un leader de secte, 36 adultes et 5 enfants dans l’île de Tenerife. « Ces membres croyaient que la fin du monde allait arriver le 8 janvier à 8 heures, et que leurs âmes seraient récupérées par un vaisseau spatial et transportées vers une autre planète. » Mi juin 1999, le gouvernement suisse a été avisé que le leader de la secte ufologique Raël, dans son magazine interne, Apocalypse, avait suggéré qu’il planifiait suicide et martyre pour ses adeptes. Avec ces points en arrière-plan, permettez-moi de vous présenter quelques éléments de réponse expliquant les tensions entre l’Europe et les États Unis sur les droits religieux de l’homme, impliquant en particulier la scientologie.

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4. Les réussites de la Scientologie dans ses négociations avec l’IRS (Internal Revenue Service) pour l’exemption de taxe et le statut d’ONG

Alors que l’exportation la plus controversée des États Unis vers l’Europe était la scientologie, celle-ci recevait un dramatique coup d’accélérateur en octobre 1993 en obtenant l’exemption de taxe. Les chercheurs ne sauront jamais toutes les négociations en coulisse menées entre la scientologie et l’IRS menant à cet accord , mais publiquement un représentant de l’IRS « a dit que les scientologues apportaient suffisamment d’informations sur les salaires payés aux officiels de l’église pour que le gouvernement puisse constater qu’il n’y avait pas de bénéfices impropres. » Un autre facteur, quoi qu’il en soit, que le leadership de la scientologie a su apparemment [utiliser pour ] influencer la décision fut le très grand nombre de poursuites – une source scientologique dit 2 300 – que l’organisation et ses membres ont pu opposer à l’agence fiscale américaine. En conséquence, dans un discours victorieux que le leader scientologue de l’époque fit à ses adeptes à propos de l’accord avec l’IRS, il dit « les procureurs travaillant sur ces poursuites ont été tellement inondés que leur budget entier aurait dû être consacré à nous combattre. » Pas de surprise donc de voir que l’accord avec l’IRS a mis fin aux poursuites engagées par la scientologie.

Beaucoup d’aspects de cette décision sont remarquables. Alors que l’organisation avait semblerait-t’il près d’un milliard de dollars de taxes en retard , elle a seulement payé 12,5 millions à l’IRS. Le comité de conformité à l’impôt d’Église que les deux parties ont établi pour contrôler l’adhésion de la Scientologie à l’accord était constitué d’officiels de la scientologie, une entente que quelques critiques ont [comparée à mettre des renards à la surveillance du poulailler. Mais au moins deux aspects de la décision ont révélé que la Scientologie a immédiatement compris qu’elle pourrait commercialiser cette décision. .

Par cette désignation, la Scientologie pourrait donner des reçus fiscaux aux Américains fournissant des financements aux efforts de propagande internationales de l’organisation. Le plus dramatique, cependant, était l’aspect de l’accord qui exigeait que le fisc envoie une copie de la déclaration d’exemption à tous les pays du le monde .

Cet accord entre la Scientologie et le fisc a essentiellement fourni à l’organisation la même désignation fiscale que celle d’une large variété d’organisations religieuses. Par conséquent, la Scientologie pouvait du coup présenter les cas de résistance dans divers pays européens comme des exemples de discrimination religieuse contre un groupe d’origine américaine. Sur ces revendications ‘de discrimination’, la Scientologie a commencé à recevoir l’appui du Département d’Etat américain, qui a comme mandat pour protéger des Américains, des organisations américaines et la liberté religieuse à l’étranger. Indirectement, l’accord du fisc et de la Scientologie a aussi aidé à créer une atmosphère politique à Washington, devenue réceptive aux porte-parole de La Scientologie, particulièrement aux célébrités d’Hollywood, qui parlèrent aux politiciens et autres représentants gouvernementaux de la discrimination présumée qu’eux-mêmes ouleur organisation subissaient en Allemagne, France et autres pays européens.

 

5) Décideurs américains et Rapports avec Religions Controversées

Le rôle en vue essentiel que les célébrités de La Scientologie ont joué au Capitole (et que j’évoquerai plus en détail plus tard) met en évidence une question importante dans la controverse américaine contre les Français et les Allemands sur la Scientologie et d’autres groupes controversés. Plusieurs pays européens sont concernés par l’écoute excessive que quelques religions controversées reçoivent des décideurs américains. Les Européens croient que ces religions controversées fournissent aux décideurs américains une information qui est souvent douteuse quat à son contenu et son exactitude. Ils croient aussi que cette information douteuse éclipse les faits et les interprétations que les Européens eux-mêmes essayent de fournir.

 

5.1) L’Église de l’Unification

Les exemples de ce que les Européens veulent dire abondent. Bien connus, par exemple, sont les cercles politiquement conservateurs dans lesquels le Vénérable Sun Myung Moon et l’Église de l’Unification fonctionnent et la plupart des commentateurs comprennent le pouvoir politique que le journal conservateur de Moon, le “Washington Times”, possède parmi quelques décideurs. Deux anciens présidents américains – George Bush et Gérald Ford – ont parlé aux conférences patronnées par Moon, ainsi que les Sénateurs Orrin Hatch, Jesse Helms, Jack Kemp, Richard Lugar et Pete Wilson. Bien qu’en comparaison de ce qui se passe en Europe, l’influence de l’Église de l’Unification ait été plus grande dans d’autres parties du monde comme l’Amérique latine et l’Asie, elle a pris part aux débats de droits de l’homme religieux européens par le biais de conférences patronées par une de ses organisations, la Coalition Internationale pour la Liberté Religieuse.

La Coalition Internationale pour la Liberté Religieuse a tenu quatre conférences – à Berlin; Washington; Sao Paolo (Brésil); et Tokyo. Elle rassemble ce qui paraît être un ensemble impressionnant d’universitaires, des fonctionnaires gouvernementaux de niveau moyen ou anciens, des organisations non gouvernementales et des groupes de lobby (comme la Maison de Liberté et son Directeur, Nina Shea) , avec des représentants de religions controversées eux-mêmes. (Shea, bien sûr, est devenue une Commissaire de la Commission du Département d’Etat sur la Liberté Religieuse Internationale, et elle avait précédemment servi au Comité Consultatif de la Liberté Religieuse du Secrétaire d’Etat américain).

Quelques associations et quelques fonctionnaires européens, cependant, disent que l’organisation de l’Église d’Unification qui sponsorise ces évènements est dirigée par un criminel reconnu coupable de fraude fiscale, qui préconise un gouvernement théocratique et qui serait hostile à diverses normes appartenant aux droits de l’homme. Beaucoup d’Européens sont peu disposés (et dans le cas des Allemands, constitutionnellement incapables) à donner beaucoup – ou même, à accorder quoi que ce soit – aux organisations dont les demandes de droits de l’homme envers la société peuvent masquer des actions antidémocratiques, ou masquer des actions autoritaristes contre leurs propres membres. Le gouvernement français, de plus, ne peut pas soutenir une organisation qui s’efforce probablement de saper la séparation constitutionnelle du pays entre Église et Etat .

5.2) La Scientologie

Le plus important des lobbies de droits de l’homme religieux et le plus controversé, a avoir influencé la politique étrangère américaine en Europe, c’est celui des célébrités scientologues d’Hollywood. Leur accès aux décideurs politiques a diminué la stature des fonctionnaires internationaux aux yeux de leurs homologues allemands et français ainsi probablement qu’aux yeux d’autres Européens informés. En 1996 et 1997, une filiale de La Scientologie, le Centre de Technologie Religieuse de Los Angeles, payait 725,000 $ à une société de lobby basée à Washington pour faire pression sur le Congrès pour la défense de la Scientologie. Le lobby en question, Federal Legislative Associates, et en 1998 trois de ses membres, Stéphane Amitay, Lybra Clemons et David H. Miller – ont reçu autre 420,000 $ pour leurs efforts – de loin la plus grosse somme dépensée parmi huit “clergés et organisations religieuses” ayant déclaré (comme l’exige la loi américaine) leurs dépenses annuelles de lobbying. En travaillant avec trois célébrités de la Scientologie (en particulier Travolta, Isaac Hayes et Chick Corea) -cette société a aidé à organiser un certain nombre de réunions très en vue à fort retentissement au Capitole.

Ce qui irrite tant des fonctionnaires européens, particulièrement chez les Allemands, sont que ces scientologues aient des titres de relations publiques officiels à l’intérieur de l’organisation de la Scientologie elle-même. Le fondateur de La Scientologie est L. Ron Hubbard (souvent abrégé en LRH) et ces célébrités sont toutes les trois des Officiers de Relations publiques LRH .Comme Officiers de Relations publiques LRH, ces gens doivent “aider à faire connaître les accomplissements et la technologie de LRH auprès du grand public” par des activités telles que la radio et des émissions de télévision, des lettres aux journaux, des magazines et des journaux professionnels et des réunions avec des leaders civiques

 

Probablement grâce aux efforts des membres du lobby très bien payé par la Scientologie, les stars Travolta, Hayes et Corea ont été reçues en audience par la Commission de Helsinki en septembre 1997. Un photographe d’un journal de New York a pris le Président de la Commission de Helsinki de l’époque, Alfonse D’Amato, étreignant Travolta le jour où Travolta “a porté témoignage de la persécution de Scientologues” en audience.

Plus tôt en 1997, le Président Bill Clinton avait rencontré Travolta à une conférence à Philadelphie et le Président américain a dit à Travolta qu’il voulait l’aider pour les problèmes de Scientologie en Allemagne. Il a donné suite sur cette promesse en prenant des dispositions pour que le directeur des affaires politiques de la Maison Blanche organise une rencontre entre Travolta et d’autre Scientologues et le Conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Sandy Berger. Même avant que Travolta et Clinton ne se soient rencontrés, un article exclusif que Clinton a censément écrit contre l’utilisation de drogue a apparu dans le magazine de propagande de la Scientologie en France. Des acteurs et Scientologues, Tom Cruise et Nicole Kidman, ont contribué pour 14 000 $ – une part des 58 000 $ dont ils ont fait don entre 1998 et la mi-juin 2000 – à la campagne sénatoriale de la femme de Clinton, Hillary. (Leurs autres destinataires ont été Al Gore [5,000 $] et le leader de la minorité Démocrate au Sénat, Tom Daschle [2,000 $]. Un avocat de la Scientologie très en vue à Washington D.C., (John Coale, le mari de l’avocate Scientologue et commentatrice de télévision, Greta Van Susteren) a donné 20,000 $ au parti Démocrate (qui est le parti de Clinton) en 1998 et 70,000 $ en mars 2000 . En août 2000, quand Travolta a présenté le Président lors d’un dîner de collecte de fonds à 25,000 $ la place pour la bibliothèque présidentielle de Clinton, il a dit : « levons nos verres à notre Président, le plus grand de tous les temps » .

Le 14 juin 2000, la Scientologue et actrice, Catherine Bell, a accompagné son amie (scientologue) Anne Archer, devant le Comité de Relations Internationales. (Notez que le “Washington Post” a fait un rapport défavorable sur son témoignage, dans lequel elle a confondu rêve et réalité, donnant une image d’elle en uniforme de Marines US – comme son personnage à la télévision – ce qui a donné l’impression que Bell était militaire ). Bell , comme d’autres Scientologues d’Hollywood avant elle, a critiqué la position de l’Allemagne sur l’organisation à laquelle elle appartient et présenté des citoyens allemands ayant aussi prétendu avoir éprouvé de la discrimination en Allemagne parce qu’ils étaient Scientologues.

Parmi les Allemands qu’elle a présentés, il y avait “Mme Antje Victore, qui en 1997, est devenue la première allemande scientologue à se voir accorder l’asile par un tribunal d’immigration américaine en raison du fait qu’elle aurait fait face à une persécution religieuse ruineuse si elle avait dû retourner en Allemagne ». Bell ne pouvait savoir que, deux semaines plus tard, le magazine allemand Stern démontrerait l’escroquerie de cette demande d’asile. Au cœur de gros ennuis financiers, Victore a en fait craint d’être appelée comme témoin contre son ancien patron Scientologue qui était sur le point de passer en justice pour fraude fiscale. Si elle avait été contrainte de témoigner, elle aurait probablement fourni des informations sur les affaires de la Scientologie en Allemagne. Par conséquent, dans un effort de la sortir du pays, des agents du Bureau de l’organisation d’Affaires Spéciales (OSA) ont fait rédiger à au moins cinq entrepreneurs scientologues de fausses lettres, lui refusant un emploi sous prétexte de son engagement en Scientologie. C’est apparemment sur la base de ces lettres truquées sur “l’interdiction professionnelle”, qu’un juge d’immigration américain a accordé l’asile. En somme, une partie du témoignage de Bell devant le comité reposait sur l’information frauduleuse que son organisation lui a fournie. L’autre Scientologue ayant témoigné à cette audience (Chick Corea devait semble-t’il intervenir, mais ne put le faire) était Craig Jensen, le cadre supérieur d’entreprise de Executive Software, société qui a fabriqué le défragmenteur de disque dur que Microsoft emploie dans son programme Windows 2000. (Un defragmenteur réécrit tous les fichiers sur un disque ou le disque dur pour que toutes les parties de chaque fichier soient stockées sur des secteurs contigus plutôt que n’importe où.) On ne sait pas comment s’est nouée la relation entre Jensen et le président de comité, Benjamin A. Gilman, mais le 2 juillet 1998 Craig Jensen et Sally Jensen (Exécutive Software comme son mari) étaient parmi les dix Scientologues californiens ayant fait don au fonds de campagne de Gilman (cumulant 7,400 $). (chacun donna 1,000 $). L’année suivante (le 21 octobre 1999), Gilman, avec le Représentant Matt Salmon , ont présenté un projet de loi (Résolution 388) qui, s’il n’avait pas été repoussé, aurait réprimandé l’Allemagne pour son traitement de La Scientologie . Devant le comité de Gilman, Jensen s’est plaint que, le Ministère de l’Intérieur allemand de l’état de Hambourg, en lien avec “le Groupe Contre La Scientologie,” ait institué « un filtre à secte », exigeant que des employés potentiels déclarent qu’ils ne sont pas affiliés à la Scientologie. Par conséquent, quelques représentants gouvernementaux allemands qualifièrent “de prohibition à grande échelle du gouvernement, le frein mis à la vente de Windows 2000 en Allemagne” . Ces mêmes objections avaient amené le Représentant Commercial américain, Charlene Barshefsky, à défier la position allemande un mois avant le réquisitoire de Jensen, suggérant même que les Etats-Unis déposent une plainte officielle contre l’Allemagne à l’OMC (Organisation du Commerce Mondial) si la question n’était pas résolue

L’information allemande est aisément disponible sur le site Web de l’Etat de Bavière, où est décrit son ‘filtre à secte’ , montrant que, à partir du 1 novembre 1996, les entrepreneurs devaient dans certains cas “fournir une attestation (l’attestation de protection) montrant qu’ils n’étaient pas des disciples des enseignements de la Scientologie », en arguant que « les agences gouvernementales courent le risque d’infiltration en signant des contrats d’affaires avec La Scientologie » . Executive Software “était du type d’affaire que ces fonctionnaires surveillaient particulièrement »

Jensen fut incapable de dire pourquoi les fonctionnaires allemands avaient réagi si radicalement aux nouvelles que sa société ait conçu un programme qui faisait partie du « paquet » de Windows 2000, alors que les raisons n’étaient pas difficiles à discerner. l’Ambassadeur allemand Jürgen Chrobog a annoncé dans sa lettre au comité :

Le Tribunal des prud’hommes Fédéral a décidé en 1995 que La Scientologie n’était pas une congrégation religieuse, mais une entreprise commerciale. La cour a cité une des instructions de Ron Hubbard disant ‘ faites de l’argent, faites plus d’argent et faites produire les autres afin qu’il fassent de l’argent’, et a conclu que La Scientologie prétend être ‘une église’ simplement comme couverture pour poursuivre ses intérêts économiques. Donc, l’Allemagne ne considère pas l’organisation La Scientologie une religion. Ce n’est pas le seul dans cette évaluation : la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, l’Espagne, Israël et le Mexique, pour en nommer quelques-uns, partagent ce point de vue.

Les autorités allemandes s’inquiètent aussi du passé connu de la Scientologie, qui démontre qu’elle profite des individus vulnérables et que sa structure totalitaire et ses méthodes peuvent poser un risque aux citoyens et notre société démocratique .[Pour la situation complexe de la scientologie en Italie, voir la question “La Cour Suprème Italienne” et la discussion qui en est faite par le CESNUR, 1999]

Jensen a parlé comme si les actions allemandes étaient des exemples de discrimination religieuse, mais en Allemagne l’organisation de la Scientologie n’est pas une religion et, selon nombre de ses fonctionnaires gouvernementaux, elle représente une menace probable à la démocratie.

De plus, Jensen a oublié d’informer le comité que les fonctionnaires allemands avaient des raisons de craindre son appartenance et celle de sa société : ils ont craint l’espionnage par la Scientologie elle-même. Leur crainte était que des Scientologues (qui, comme lui, avaient vraisemblablement été impliqués dans la conception de produit) auraient pu placer un code secret dans le programme qui aurait permis à l’organisation de pénétrer dans le logiciel tandis que celui-ci défragmentait et de lire le contenu du disque dur ou le disque. Ces craintes ont été fondées dans l’histoire de La Scientologie à cause de ses activités d’espionnage contre des gouvernements, comme on l’a vu en divers pays du monde.

Onze Scientologues ont été reconnu coupables de conspiration et de vol en 1979 et 1980 pour des opérations qu’ils avaient effectuées contre plusieurs offices ou agences fédéraux américains. En 1992, l’Église de Scientologie de Toronto et sept Scientologues ont été reconnus coupables d’actes criminels divers liés à leur infiltration de la Police Provinciale de l’Ontario et du Procureur Général du Ministère de l’Ontario. Un procès devant un tribunal grec contre la Scientologie “le Centre de Philosophie Appliquée de la Grèce” (KEFE) a révélé un document indiquant apparemment qu’un Scientologue avait communiqué à KEFE un rapport confidentiel du Service de renseignements du gouvernement Hellénique. (On ne sera pas surpris de constater que le tribunal ait ordonné à l’organisation de cesser complètement ces opérations. En décembre 1990, un Scientologue et deux investigateurs privés ont reçu des condamnations de trois mois avec sursis pour espionnage illégal au Danemark. Finalement, les autorités françaises qui s’occupent des ‘sectes’ croient que les Scientologues “ont réussi à infiltrer l’environnement proche d’un ancien président de la République…” – vraisemblablement François Mitterrand – et qu’ils sont peut-être entrés à la Justice. Tout ceci bien considéré, les soucis de sécurité de l’Allemagne autour du logiciel développé par un Scientologue en vue sont certainement justifiés. Jensen, cependant, a oublié même de mentionner l’histoire d’espionnage gouvernemental de son organisation en témoignant devant le Comité de Relations Internationales. Son oubli est malheureux, puisque cette information aurait aidé des membres de comité à comprendre la réaction de l’Allemagne apprenant qu’une société de logiciel appartenant à un Scientologue connu a contribué au système d’exploitation Windows 2000.

5.3) Le filtre ‘Subversives’ de l’Amérique – le Code américain

Dans tout le débat sur l’Allemagne et “le filtre de secte,” personne n’a souligné les ressemblances saisissantes entre ce filtre et “le serment de fidélité” que des fonctionnaires fédéraux américains et des gouvernements du District fédéral de Columbia doivent signer. Selon 5 USC Seconde. 7311 du Code d’Etats-Unis :

[a] N l’individu ne peut pas accepter ou tenir une position dans le Gouvernement des Etats-Unis ou le gouvernement du District fédéral de Columbia s’il-

(1) Préconise le renversement de notre forme constitutionnelle de gouvernement;

(2) Est un membre d’une organisation qu’il sait plaider pour le renversement de notre forme constitutionnelle de gouvernement….

Le Code américain spécifie qu’un employé peut être surveillé, suspendu, viré ou inculpé, pour “créer ou poursuivre la continuation d’une association complice d’un saboteur, espion, traître, séditieux, anarchiste, ou révolutionnaire, ou avec n’importe quel espion ou autre agent secret ou représentant d’une nation étrangère, ou n’importe quel représentant d’une nation étrangère dont les intérêts peuvent être hostiles aux intérêts des Etats-Unis” (Code américain, Second 8. [3]).

Sans aller plus loin quant aux mérites de la perception qu’ont les fonctionnaires allemands de la Scientologie, beaucoup d’entre eux voient l’organisation comme une menace à leur état démocratique à cause du passé d’espionnage du groupe dans le contexte de totalitarisme intra-organisationnel et des violations des droits de l’homme probables contre nombre de ses membres. L’ambassadeur de l’Allemagne, Jürgen Chrobog, a récapitulé la plupart de ces conclusions dans une lettre qu’il a écrite au Membre du Congrès Gilman en 1997, après que le Comité de Relations Internationales de Gilman ait reçu un projet de loi que six membres du congrès ont patronné, Résolution protestant contre la discrimination présumée de l’Allemagne contre des minorités religieuses. Succinctement, Chrobog a écrit, “il y a des indications de plus en plus nombreuses que l’organisation de la Scientologie utilise des moyens totalitaires et ainsi inconstitutionnels pour opprimer ses membres et leurs familles”. Par conséquent, des représentants gouvernementaux allemands, comme leurs homologues américains, maintiennent le droit d’interdire ses agents de fonction publique et d’autres rôles impliquant de recevoir de l’argent public ou de l’information sensible.

5.4 Célébrités de Hollywood et Leur Analogie ‘Nazie’

l’événement le plus incendiaire impliquant des célébrités fut certainement “la lettre ouverte” au Chancelier Helmut Kohl en janvier 1997, qui a comparé le traitement du gouvernement allemand contre la Scientologie avec la persécution des Juifs par les Nazis avant la Deuxième Guerre mondiale. Beaucoup des trente quatre célébrités de Hollywood qui l’ont signé avaient des liens de proximité avec les Scientologues en vue John Travolta et Tom Cruise et les fonctionnaires allemands ont été exaspérés avec la lettre. (Cependant, à leur crédit, le Département d’Etat et le Secrétaire d’Etat ont dénoncé la comparaison Nazie, aussi bien que l’investigateur de Nations unies sur liberté religieuse.) Vu dans le contexte, cependant, avec le lobby des célébrités de La Scientologie, tous ces incidents ont démontré aux Allemands (et, aussi aux Français) que la politique étrangère américaine des droits religieux de l’homme envers leur pays avait trop subi l’influence de ce que beaucoup de critiques appellent astucieusement “Le Scientologywood.”

6) Groupes Faisant pression en Europe de la part de Religions Controversées

Tandis que le lobby de La Scientologie a eu un impact surprenant à l’intérieur du gouvernement des Etats-Unis, des pressions intenses de la part des diverses parties intéressées arrivent aussi à des niveaux internationaux. Un document, par exemple, qu’une cour grecque a rendu publique a montré très clairement que La Scientologie en Grèce ” a tissé des liens dans le secteur des groupes de Droits de l’homme” et il est certain que l’organisation a essayé de forger des liaisons semblables avec des organisations de droits de l’homme partout en l’Europe. (Par exemple, en Pologne en septembre 1994, les Scientologues allemands ont envoyé un document de quatre pages intitulé” Résumé Exécutif” sur la situation critique supposée de leur groupe en Allemagne aux délégués participant au sommet CSCE à Budapest

Le groupe de lobby le plus crédible est le CESNUR (le Centre pour des Études sur de Nouvelles Religions) basé à Turin, Italie (avec des contacts partout en l’Europe et en Amérique du Nord) sous la direction d’un avocat de brevet d’invention/marque déposée et universitaire indépendant, Massimo Introvigne. Critique persistant de n’importe quelles tentatives nationales d’identifier ou combattre ‘des prétendues sectes’, Introvigne s’est prononcé contre ce qu’il considère être de l’intolérance envers “des religions minoritaires,” particulièrement en Belgique, France et Allemagne. Le 30 juillet 1998, par exemple, il a parlé de l’intolérance (présumée) et a fait part de ses doutes devant la Commission sur la Sécurité et la Coopération en Europe (c’est-à-dire, la Commission d’Helsinki) à Washington, DC et il y a conclu en mettant en garde contre le patronage public d’organisations anti-sectaires privées (qu’il n’aime pas en partie parce que, dit-il, ils ignorent les travaux scientifiques). Il s’est étendu sur ces thèmes lors de sa présentation de 1999 à l’OSCE, qui s’est tenue à Vienne. (À leur tour, Karen Lord de la Commission de Helsinki et Jeremy Gunn – qui a été membre intuitu personae de l’Institut d’Etats-Unis de Paix, la Commission du Département d’Etat des Etats-Unis de Liberté Religieuse Internationale et la Mission américaine de l’OSCE – ont parlé à la conférence de juin 1999 du CESNUR en Pennsylvanie. Et Lord et Gunn sont à nouveau venus parler à la conférence 2000 en Lettonie. Beaucoup d’observateurs des guerres de l’Europe autour de “la tolérance religieuse”, cependant, partagent l’observation faite en Hollande à propos d’Introvigne et ses associés – à savoir, qu’ils sont “très partiaux dans la défense publique de ces sectes (desquelles ils sont souvent membres) et qu’ils sont donc discrédités”.

Par exemple, Introvigne a publiquement approuvé un livre de fiction écrit par le controversé (maintenant décédé – par suicide) gourou, le docteur Frederick Lenz (Zen le Maître Rama) – connu pour son matérialisme, l’exploitation financière de ses membres et la contrainte sexuelle probable imposée à nombre de ses adeptes féminines. “Ceux qui ne sont pas d’accord avec la vue de monde de spiritualité alternative (appelé le Nouvel Âge) ne seront probablement aussi en général pas d’accord avec ce livre,” a conclu Introvigne dans son endossement du Surf de Lenz l’Himalaya. “Ils peuvent, cependant, le reconnaître comme la chose réelle, le travail d’un personnage-clé dans la tradition de spiritualité alternative”. De même, son témoignage en faveur des Scientologues dans le procès de Lyon, en France (dans un cas qui a mené à un suicide et des condamnations pour escroquerie impliquant six d’entre eux) a peu contribué à arranger son image “d’ami des sectes”]. De plus, les controverses autour de ses articles (particulièrement “le terrorisme d’Internet” et la discussion de l’Association Psychologique américaine sur le “lavage de cerveau” et la persuasion coercitive), plus des questions complémentaires sur son appartenance à l’organisation Catholique ultra-conservatrice, Alleanza Cattolica, ont placé Introvigne en pleine opposition dans la bataille avec des critiques.

Beaucoup de fonctionnaires allemands et français travaillant sur des questions liées ‘aux sectes’ religieuses et aux droits de l’homme ne considèrent pas le CESNUR et Introvigne comme étant des parties neutres dans les débats en cours (jugement d’ailleurs réciproque). Par conséquent, certains et certaines organisations ont endommagé leur réputation (à tort ou à raison) parmi ces fonctionnaires en s’associant trop étroitement au CESNUR. C’est le cas avec l’organisation d’information sur les « nouveaux mouvements religieux” au Royaume-Uni , INFORM, qui organise une conférence avec le CESNUR en 2001 . (Beaucoup d’universitaires, cependant, voient le CESNUR et INFORM sous un jour favorable et ils partagent sa critique “réseaux critiques de sectes” en France, Allemagne et Belgique.)

6.1) Allégations françaises Contre Karen Lord

Il semble que le pire cas de dommages causés à l’image d’un personnage faisant partie des autorités, par son association avec le CESNUR, soit celui de Karen Lord. Le 22 mars 1999, Lord avait été présente à une Réunion de Dimension Humaine Supplémentaire sur la Liberté de Religion à Vienne, où l’OSCE a publié un rapport fort caustique un sur la condition “de nouvelles religions” ou “des sectes”. Il a déclaré que l’Assemblée nationale française avait :

“publié le Rapport de Guyard, qui a inscrit 172 cultes considérés nuisibles et dangereux. Ce rapport a abouti à la désignation aux médias de religions minoritaires, à la circulation de rumeurs, informations fausses, et incitation à l’intolérance religieuse. Dans ce contexte, un climat de persécution virtuelle s’est développé. Les religions minoritaires ont été publiquement marginalisées et stigmatisées et il y a eu des tentatives de gêner leurs activités.

Sur la base de ce rapport le 7 juillet 1998, un “communiqué de presse” (mis à jour le 4 mars 1999) par un groupe basé en Belgique appelé Droits de l’homme Sans Frontières (Human Rights without Frontiers, HRWF), a spécifiquement mentionné la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) et son Président, Alain Vivien. Selon la déclaration de l’OSCE, les actions de la Mission ont mené “à des rapports calomnieux dans les médias, prohibitions professionnelles, à la discrimination religieuse par les autorités françaises et à l’intolérance croissante de la société civile envers des gens ordinaires en raison de leurs croyances religieuses personnelles”

Le réprésentant de la MILS à la réunion de l’OSCE était son secrétaire général, Denis Barthélemy, qui a répondu à quatre ‘attaques’ semblables à la déclaration Supplémentaire de l’OSCE, et dont il a affirmé que trois étaient originaires de La Scientologie et l’autre des Témoins de Jéhovah. Il a essayé d’expliquer la position de la France sur les droits de l’homme en matière religieuse et mentionné que les libertés religieuses peuvent être en conflit avec des libertés collectives sur un certain nombre des points .

Par la suite, Introvigne, dont le papier était parmi ceux auxquels Barthélemy avait répondu, a appelé sa déclaration “une réaction hystérique” (aussi “une déclaration de temps en temps émotionnelle tirant vers l’hystérique” . Inutile de dire, l’affaire entière a extrêmement déplu aux Français.

Environ deux semaines après que la réunion de l’OSCE (le 6 avril 1999), la MILS a reçu une délégation de fonctionnaires US représentant l’Ambassadeur itinérant américain pour la Liberté Religieuse Internationale; parmi eux se trouvaient Jeremy Gunn et Karen Lord (les autorités françaises ont pensé que tous deux étaient des partisans de nombre de groupes controversés et des critiques de la France à l’OSCE). Pour corser la situation déjà tendue, les fonctionnaires de la MILS ont demandé l’information normale de fond sur la délégation avant leur arrivée et leurs sources officielles ont indiqué qu’un membre de la délégation était ou près de la Scientologie ou un membre réel. Déduisant que la personne suspecte devait être Lord, le Président de MILS, Alain Vivien, a refusé de répondre à une question qu’elle a posée et a seulement répondu au chef de la délégation américaine.

Les Américains ont été insultés. Le 8 juin 1999 en audience de la Commission Helsinki, le Co-président le Sénateur Ben Nighthorse Campbell a exagéré l’incident quand il a dit que Alain Vivien :

A à l’origine refusé de rencontrer Karen Lord, qui siège ici, un membre de notre staff et sa délégation parce qu’il avait évidemment de fausses informations. Cet incident était certainement une révélation pour ce Président et pour les membres de notre Commission parce qu’elle a été présentée comme faisant partie d’une secte dangereuse.

Des sonnettes d’alarme ont résonné partout à Washington et certainement chez les Démocrates et les Républicains qui composent cette Commission de Helsinki. Nous avons un très bon, large groupe de conservateurs, libéraux et modérés à la Commission .

Pour leur part, les Français étaient toujours fâchés des critiques de ces délégués et d’autres s’élevant contre leur politique et en même temps soutenant apparemment la Scientologie et d’autres groupes controversés. Le 11 juin 1999, la MILS a discuté l’incident concernant Lord dans une lettre générale de quatre pages, dans laquelle était indiquée sa surprise de l’adhésion d’un des membres de la délégation en visite, puisqu’elle a été “impliquée pour être proche ou un membre d’une secte”

Peu de temps après cette tension franco-américaine, Lord et Gunn sont intervenus à la conférence du CESNUR de Juin 1999 en Pennsylvanie, où ils ont apparemment indiqué que le CESNUR avait joué un rôle important dans l’information fournie aux fonctionnaires américains de la tolérance religieuse dans des pays divers de l’Europe occidentale. Aux yeux des fonctionnaires français, la participation de Lord et Gunn avec le CESNUR a simplement renforcé leur méfiance vis-à-vis de ces Américains. Gunn, à son tour, est resté choqué par l’incident entre le président de la MILS et Lord, quand une année plus tard, il en a présenté un compte-rendu devant le Comité de Relations International (le 14 juin 2000). Il a déclaré que Lord n’était pas une Scientologue et ensuite il a défié Vivien “ou de fournir la preuve [c’est-à-dire, l’appartenance à La Scientologie] ou de publier des excuses à Mme Lord et aux Etats-Unis”. Le site Web du CESNUR a aussi fait un rapport sur l’incident et a écarté l’allégation que Lord était “membre de sectes totalitaires internationales dangereuses ” en disant qu’elle “est un membre d’une petite congrégation Chrétienne américaine” (Note supplémentaire d’un traducteur: s’il est fort probable que Lord n’ait en effet jamais été scientologue, et que des excuses auraient pu être éventuellement présentées par la MILS pour cette légère erreur – légère, puisque Lord était membre d’un autre groupe et qu’elle défendait la scientologie – il faut se souvenir du fait qu’un critique fraçais avait longtemps auparavan,t demandé au président Chadwick Gore de la CSCE dépendant du congrès US, des excuses pour avoir accusé à tort le gouvernement français de diverses intolérances)

 

6.2) La Critique d’Introvigne du Rapport 2000 de la MILS

L’hostilité entre CESNUR et MILS ne faiblit pas alors qu’Introvigne continue à critiquer l’organisation ‘antisecte’ gouvernementale française. Plus récemment, Introvigne s’est moqué des réponses que la MILS a données au Rapport sur “la Liberté Religieuse Internationale”. de Septembre 2000 émanant du Bureau du Département d’Etat américain pour la Démocratie, les Droits de l’homme et le Travail Les fonctionnaires français ont affirmé que l’équilibre de leur pays entre, d’une part, la liberté de conscience et, d’autre part, l’ordre public, fournissait des protections religieuses beaucoup plus grandes que ne l’a fait le modèle américain (lequel met seulement l’accent sur les questions de conscience). Sur fond de ces allégations, le rapport français a spécifiquement défié l’autorité du Département d’Etat de faire des déclarations sur la nature d’organisations diverses fonctionnant en France. Une section du “résumé exécutif” du long rapport du Département d’Etat, a critiqué la France dans une section sous-titrée, “Stigmatisation de Certaines Religions en les associant à tort avec des « Sectes Dangereuses ». Puisque la partie du premier amendement à la Constitution américaine expose, “le Congrès ne fera aucune loi concernant un établissement de religion,” le rapport de la MILS s’est demandé ce qui a donné au Département d’Etat ‘le droit’ de se prononcer sur “la nature religieuse ou pas d’un groupe, un mouvement, un culte, ou une secte ou tout autre corps” à l’intérieur de la France, alors qu’il ne lui est pas même permis de le faire aux USA. De même, quand le résumé exécutif du rapport de Liberté Religieuse Internationale a mentionné la liste française de 173 ‘cultes’ et a conclu, “[… peu des groupes dans la liste sont clairement dangereux, mais la plupart sont simplement peu familiers ou impopulaires”, la MILS a répondu que les Américains avaient apparemment fait des listes aussi, mais avaient oublié de les transmettre!

Introvigne a écarté ces divers défis français en concluant, “[] l’essentiel du rapport de la MILS est un assaut sans précédent (même selon les normes de la MILS [sic]) contre les Etats-Unis,” et leur Constitution. Il écarte la revendication des fonctionnaires de la MILS quant à la supériorité de la position “la France vaut mieux que les US” en ce qui concerne la religion en mentionnant “le massacre de centaines de milliers de Catholiques Romains et d’autres dissidents religieux pendant la Révolution [française]” [ndt: le chiffre Introvignien est très exagéré, quelques milliers de gens ayant été massacrés en raison d’une appartenance religieuse, sous la révolution]. En effet, ajoute-t-il, “la MILS peut seulement être comprise en partant de la vieille structure du siècle de l’humanisme laïc agressif français, fondé lors de la Révolution française” – conclusion qui suggère l’orientation Catholique conservatrice de l’organisation du CESNUR.

Dans une phrase énigmatique mais importante, Introvigne a employé ces termes : “humanisme laïc”, pour expliquer pourquoi les Français signalaient que les Etats-Unis donnaient refuge “aux organisations militarisées de quelques grandes sectes multinationales” et [Introvigne] va jusqu’à dire qu’il s’agit d’un « Appel aux armes contre des institutions démocratiques » . À moins que les lecteurs ne connaissent l’orientation humaniste laïque (supposée par Introvigne ) des fonctionnaires de la MILS, la déclaration du rapport français à propos de “sectes militarisées recevant la protection américaine “semblerait simplement être une sottise incontrôlée d’anti-sectes individuels imprudemment investis d’une position officielle” (Introvigne dixit)

Ce que la critique dédaigneuse d’Introvigne a oublié de mentionner, cependant, c’était que cette allusion française aux sectes militarisées sous protection américaine provenait certainement du statut américain « charity » que le fisc US avait accordé à la Scientologie. Vraisemblablement les Français ont compris que la structure de la Sea Org de la Scientologie ressemblait à une structure militaire (cf: uniformes et grades) et qu’au moins un de ses équipements principaux (à Hemet, Californie) formait semble-t’il le personnel à l’utilisation d’explosifs, de fusils semi-automatiques et d’autres armes. De plus, les fonctionnaires français savaient aussi probablement qu’en Scientologie “le Bureau des Affaires Spéciales Internationales” (OSA INT) avait publié “un Appel aux armes” contre l’Allemagne le 4 mai 1994 (en réponse à ce qu’il a appelé ” des attaques néo- nazies du gouvernement”. De plus, ces fonctionnaires connaissaient certainement “l’Appel aux armes” contre la France elle-même, publiée par le Président de l’Église de Scientologie Internationale, Heber Jentzsch. Introvigne a donc essayé de marginaliser la MILS et son rapport annuel sans fournir les contextes nécessaires pour éclairer le rapport: cette tentative renforcera l’avis des fonctionnaires de la MILS quant au fait que l’organisation de l’Italien soit sous influence des sectes, voire « le » défenseur des sectes.

6.3) Groupes Complémentaires Faisant pression en Europe de la part ‘de Religions’ Controversées

Pour autant que les fonctionnaires gouvernementaux de plusieurs pays le sachent, le CESNUR n’est pas le seul groupe européen faisant apparemment pression en faveur des « religions minoritaires ». Ces fonctionnaires sont convaincus qu’un autre groupe – Droits de l’homme Sans Frontières – HRWF (dirigé par Willy Fautré en Belgique) – partage les mêmes objectifs, en partie parce que ce groupe semble pressé de diffuser des informations favorables à la Scientologie et d’autres groupes. De même, l’adhésion d’un Lord Britannique à la Scientologie, le Baron Duncan James McNair, discrédite aux yeux des Français un groupe auquel il appartient – le Conseil des Droits de l’Homme et des Libertés Religieuses –. (En 1999, McNair a écrit au Lord Russell-Johnston, qui était le Président de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, que la situation française avec la MILS travaillant au gouvernement français “équivaut à l’installation du Général Witchfinder [witchfinder = chasseur de sorcières, ndt] au 10 Downing Street”. De même, les Allemands ont écarté McNair et “le Comité Ad hoc pour Examiner la Discrimination Contre des Minorités Ethniques et Religieuses en Allemagne” à cause de son appartenance à la Scientologie, comme ils l’ont fait pour une nouvelle “organisation” sur Internet, (semble-t-il) patronnée par la Scientologie- la « Fondation pour la Tolérance Religieuse.

Le Conseil de l’Europe a été si géné par l’accessibilité d’informations partiales de la part des lobbystes, qu’il a récemment passé une résolution disant:

Il importe beaucoup d’avoir des informations fiables sur ces groupes, informations qui n’émaneraient ni exclusivement des sectes elles-mêmes ni exclusivement d’associations défendant les victimes de sectes.

Par conséquent, le Conseil a recommandé que les gouvernements d’États membres, « où cela est nécessaire, de fonder ou soutenir des centres nationaux ou régionaux indépendants d’information sur les groupes d’une nature religieuse, ésotérique, ou spirituelle” . Il semble impensable à quelques fonctionnaires américains, que les gouvernements s’informent sur des groupes religieux. D’un point de vue européen, cependant, ces centres peuvent être la meilleure façon de contrôler la qualité d’information que les représentants gouvernementaux, l’exécutif et le grand public reçoivent.

7) La leçon américaine d’organisations d’information “sectes” dirigées à titre privé

Une autre raison pour que le Conseil de l’Europe ait demandé des centres d’information financés par les gouvernements vient du fait qu’il a appris par l’expérience américaine que des « organisations privées d’information sur les sectes » sont extrêmement vulnérables à l’infiltration par des espions envoyés par les sectes, et à la destruction par les groupes mêmes qu’ils essayent de surveiller. En effet, bien des nouvelles religions controversées sont en fait des organisations transnationales à facettes multiples, ayant accès direct à d’énormes ressources – beaucoup plus que n’importe agence privée pourrait jamais rassembler.

L’exemple américain du CAN – le “Réseau de surveillance des sectes” – a fourni aux Européens l’un des pires scénario de cas imaginable – le genre de choses négatives pouvant se produire quand une agence ne dispose pas de la protection d’un état.

Pour simplifier une histoire compliquée, la Scientologie a ruiné le CAN au moyen de défis légaux et, finalement, d’un jugement fortement douteux lui a permis d’acquérir les nom, logo, numéro de téléphone et fichiers du CAN en contrepartie du paiement de sa faillite. La Scientologie avait en permanence un espion dans le bureau de CAN, espion envoyant des rapports secrets sur la stratégie utilisée par l’organisation CAN pour éviter la faillite et protéger ses fichiers. La correspondance personnelle que des parents éperdus ou d’anciens membres ont envoyée au CAN est maintenant entre les mains de son pire ennemi – la Scientologie – et les nouveaux directeurs du CAN ont offert de rendre les fichiers aux groupes concernés eux-mêmes. Ce genre de grossière violation de vie privée et la confidentialité n’arriverait pas si les nations européennes prenaient gouvernementalement le contrôle d’agences d’information, comme l’ont recommandé les Français, les Allemands, les Belges et le Conseil de l’Europe.

 

Des représentants gouvernementaux américains clefs, cependant, ne semblent pas informés de ces événements survenus dans leur propre pays. Le Président et le Co-président du Comité électoral du Congrès en Comité de Droits de l’homme des Relations Internationales, Tom Lantos et Benjamin A. Gilman , ont protesté auprès du Président de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, ” il y a des risques graves si l’on encourage la formation de centres d’information, que cela aboutisse en fait à la dissémination de désinformation qui renforce des stéréotypes injustes qui contribueraient à la croissance d’intolérance plutôt qu’à la compréhension”. Ces fonctionnaires semblent être inconscients de la désinformation qui est disséminée par le non-gouvernemental, provenant de sectes ou influencée par des organisations de pression, dont la plus flagrante – le ‘nouveau CAN ‘ est dirigée par la Scientologie et fonctionne aux Etats-Unis même. [ndt: or, l’un des critiques parmi les plus actifs en Europe a informé à plusieurs reprises divers autorirés américaines des désinformations présentes dans leurs propres rapports officiels]

8) « Listes de Sectes » belge et française

Parmi les activités des gouvernements de l’Europe occidentale les plus fréquemment critiquées [par les USA], il y a la production (par des corps constitués) de rapports qui nomment des groupes comme étant des sectes (ou, comme certaines personnes préfèrent dans la traduction, (des cults – cette remarque ne tient qu’en anglais, ndt)). Une commission parlementaire belge 1997 sur les dangers potentiels des groupes sectaires les a qualifiés de petits groupes sans nociveté au sein de religions, ou de groupes nuisibles épousant des buts religieux ou philosophiques impliquant illégalité, dommages causés, ou dommages à la dignité humaine Le rapport final, cependant, a inscrit 189 sectes fonctionnant dans le pays, mais l’étiquetage n’indiquait pas s’ils étaient ou n’étaient pas nuisibles.

Le Parlement belge a adopté le rapport de la commission (mais pas la liste de « sectes ») et ce faisant a créé “le Centre d’Information et de Conseil sur les Organisations Sectaires Nuisibles.” Ce Centre devait s’occuper de proposer des législations appropriées et fournir une éducation du grand public, mais la loi lui a interdit de fournir des avis sur des organisations particulières. Dans, cependant, une de ses campagnes éducatives, une agence du gouvernement a impliqué que la Société Anthroposophique était une secte dangereuse et la Société a poursuivi avec succès en justice (pour faire ôter ce qui la gènait).

Se fiant largement au matériel fourni par “Droits de l’homme Sans Frontières”, l’OSCE a critiqué la Belgique dans un rapport sur “la Discrimination Religieuse et les Violations Liées des Comités Helsinki,” après la réunion de mars 1999 à Vienne. L’OSCE n’aurait pas pu prévoir, cependant, les perquisitions (à Bruxelles, Malines, Louvain et Heidonck, aussi bien qu’en France) contre une série de groupes et d’affaires associées à la Scientologie (apparemment en réaction à une plainte de Bruxelles datant de 1997, de la part de quelqu’un cherchant à récupérer de l’argent versé à l’organisation).

Le fait que ces perquisitions soient arrivées simultanément en Belgique et en France indique que les deux pays travaillent ensemble sur quelques questions sectaires au moins. Un des rapports français, fourni par une Commission d’Enquête sur les Sectes de l’Assemblée nationale, a quelques ressemblances avec la tentative belge, les Français nommant 172 ‘sectes’ en plus des Témoins de Jéhovah. De même qu’en Belgique, l’Anthroposophie a protesté de son inclusion dans la liste française et en mars 2000 elle a gagné un procès (20,000 francs et 90,000 francs complémentaires de dommages et intérêts). Le juge a émis une évaluation critique de l’investigateur principal, Jacques Guyard, et des méthodes de recherche de la Commission d’Enquête, niant qu’il s’agisse d’un rapport sérieux [ndt: M. Kent ignore que ce député a fait appel dans les délais, et que ce fait devrait être indiqué ici, preuve que la désinformation fournie sur la question par les scientologues et leurs amis US arrive même à passer inaperçue des opposants à la secte].

Les fonctionnaires américains ont ajouté leurs critiques au rapport, mais avec cela ont involontairement démontré le bien-fondé de l’inscription des sectes par les autorités françaises. Parmi les critiques était Jeremy Gunn, Directeur de Recherche et Député Conseil Général de la Commission américaine sur la Liberté Religieuse Internationale. (L’intérêt de Gunn pour la France remonte au moins à 1975, quand il était à Paris instructeur d’Histoire et Humanités, pour le compte de son alma mater, l’Université Brigham). Dans sa déclaration du 14 juin 2000 devant le Comité de Relations International au parlement américain, il a présenté six critiques méthodologiques ayant trait à la liste française de la Commission française d’Enquête sur des Sectes et d’autres publications par la MILS; il disait:

1) La Commission n’a pas consulté d’universitaires informés ou d’universitaires en nouvelles religions.

2) Ni la Commission ni des fonctionnaires de la MILS n’ont consulté les leaders actuels et les membres ‘des sectes’.

3) La preuve écrite principale derrière les divers rapports français est venue de fichiers secrets de police, dont le contenu ne peut être réfuté ou vu même ni par les groupes ni par leurs membres

4) La Commission et la MILS a généralisé aux groupes eux-mêmes les méfaits présumés (ou crimes prouvés) de leurs membres (par exemple, l’escroquerie et les condamnations d’homicide de Scientologues à Lyon).

5) En se concentrant sur les problèmes qui arrivent dans des groupes plutôt que sur les problèmes eux-mêmes, les rapports français ont perdu la capacité de comparer la fréquence de ces occurrences aux populations neutres.

6) Le mouvement « anti-sectes » français (incluant un rapport publié par MILS en 2000) s’appuie sur “des accusations non évaluées contre des groupes et ignore des faits qui, souvent, disculpent les groupes”

Il a conclu son analyse en se référant “‘à la méthodologie du préjugé” sous-jacente à ces rapports produits par la Mission Interministérielle française et par la Commission de l’Assemblée française d’Enquête sur des Sectes.

Sans vouloir entrer dans un débat méthodologique exhaustif, chacune de ces critiques a néanmoins une réponse toute trouvée. La condamnation par Gunn des enquèteurs français quant à refuser de consulter des spécialistes des « nouvelles religions » doit en réalité avoir été une tentative de la part des fonctionnaires d’éviter les préjugés dans leurs recherches. Sans aucun doute la MILS et des membres de la Commission ont estimé qu’un certain nombre de spécialistes eux-mêmes ont été compromis par des groupes divers, donc, qu’il était justifié de ne pas compter sur nombre d’entre eux pour obtenir une information impartiale. En effet, ce débat sur l’objectivité et l’impartialité parmi les savants qui écrivent sur les prétendues « nouvelles religions » fait maintenant rage dans les cercles scientifiques et sociaux et les communautés d’Internet et les fonctionnaires français n’auraient certainement pas été capables de le résoudre.

Quant au deuxième point de Gunn, il semble assez raisonnable de penser que les consultations avec des leaders actuels et des membres fourniraient probablement des sources importantes d’information. Cette probabilité ne serait cependant vraie, que dans le cas où les groupes permettraient aux informateurs de parler librement, d’une façon critique et sans crainte de vengeance, ce qui n’est souvent pas le cas. Dans le même ordre d’idées, la crainte légitime de vengeance exige que des agences investigatrices tiennent les rapports au secret. Le fait que les fonctionnaires français ont employé les fichiers de police de cette nature indique en réalité qu’ils ont obtenu accès à du matériel hautement confidentiel rarement accessible au public . De plus, les fonctionnaires gouvernementaux seraient justifiés à généraliser aux mouvements eux-mêmes les “crimes religieux” commis par des individus adeptes, s’ils constataient que ces crimes sont commis parce que les adeptes poursuivent les buts opérationnels de l’organisation”

Quant à la cinquième critique méthodologique de Gunn, les études comparatives “de taux d’incidence” de déviance ou de criminalité valent certainement la peine d’être abordées, mais les chercheurs peuvent conduire les examens d’un type d’organisation sociale – dans ce cas, des ‘prétendants à vouloir faire partie de minorités religieuses’, afin de déterminer les activités internes de nature déviante et/ou criminelle, et ce, sans s’intéresser à un contexte comparatif. Finalement, à propos du sixième point de Gunn, il importe certes de reconnaître une disculpation, mais cela reflète parfois des éléments autres qu’une interprétation précise de faits. Dans son texte, Gunn a mentionné que la MILS a inscrit les Enfants de Dieu (Famille) comme une secte problématique, et que des perquisitions brutales de “la Famille” par la police française en 1993 ont eu lieu, sur fond de soupçons d’abus sexuel envers des enfants, [et que les constats] ont mené à un juge à écarter toutes les charges contre des membres de groupe et à clore le dossier .. En effet, il est crucial de citer ce type d’information pour parvenir à un rapport équilibré qui convainque les spécialistes informés et les fonctionnaires, mais même dans ce cas de la Famille, il y a possibilité d’interprétation. Par exemple, une décision de 1995 d’un juge Britannique a conclu, “Je suis totalement convaincu qu’il y avait des abus sexuels répandus sur de petits enfants et des adolescents par les membres adultes de la Famille, et que ces abus sont arrivés à une fréquence significativement plus grande au sein de la Famille que dans la société extérieure”. Si Ward a raison (et la très bonne documentation le démontre), les questions importantes de la perquisition française (et plusieurs autres dans le monde entier) impliquent donc l’échec des fonctionnaires pour découvrir les enfants victimes d’abus sexuels plutôt que de la disculpation d’un groupe prétendument persécuté. (les réponses conduiraient vraisemblablement à l’interdiction de la Famille en raison de ses publications controversées sur ‘ le sexe pour des mineurs ‘ à la fin des années 1980 et au début des années 1990; au récit détaillé des réponses des membres aux autorités, à la crainte chez les enfants de la Famille d’être de définitivement enlevés à leurs parents et amis; et à des changements doctrinaux quant aux pratiques sexuelles d’enfants au début des années 1990). Les futurs rapports de la MILS préteraient moins le flan à la critique s’ils incluaient quelques exemples paraissant (à première vue) contredire leurs découvertes; mais la rareté d’une telle information dans les rapports jusqu’à maintenant n’infirme pas nécessairement leur contenu.

8.1) Institut Théologique de Nîmes, Eglise Evangélique de la Grâce (Greater Grace Outreach) et “La Bible Parle” (The Bible Speak”)

Mises à part les questions méthodologiques importantes, un évident soutien aux théories des autorités françaises quant à désigner les sectes vient, par mégarde, de l’analyse d’un groupe dont la cause a été soutenue par Gunn. À la réunion avec les fonctionnaires français de la MILS le 6 avril 1999 (où Gunn était membre de la délégation des trois Américains), Gunn a parlé de la situation présumée critique de l’Institut Théologique de Nîmes (aussi appelé Église Évangélique de la Grâce). Le pasteur du groupe en France, Louis DeMeo, s’est plaint de la discrimination contre son groupe et ses membres après que l’Institut ait été signalé dans la liste des « sectes » et (ainsi qu’un fonctionnaire français me l’a confirmé), Gunn a réitéré les revendications de DeMeo à la MILS. (Apparemment des fonctionnaires MILS en ont soutenu le placement dans la liste de la Commission d’Enquête, parce que leur information montrait que certaines des méthodes éducatives du groupe violaient probablement la Convention Internationale sur les Droits de l’Enfant (une des conventions – ce que les Français soulignent – que le gouvernement américain n’a pas ratifiées). De plus, Gunn avait probablement ce groupe en mémoire quand il a dit devant le Comité de Relations International US (le 14 juin 2000), que parmi les listes françaises et belges on trouvait des groupes faisant partie “des Baptistes du Sud”. En effet, Massimo Introvigne a désigné DeMeo comme “le leader d’un groupe de Baptistes indépendants”.

Pour un groupe qui a entre cinquante et cinq cents membres (dixit le rapport français 1995), l’Institut a vraiment beaucoup attiré l’attention américaine. Dans le Rapport annuel du Département d’Etat sur la Liberté Religieuse de 1999, par exemple, quatre paragraphes lui sont consacrés, répétant pour l’essentiel que sa discrimination revendiquée était le résultat de l’étiquetage “de secte” . DeMeo a aussi témoigné devant la Commission Helsinki à la réunion du 8 juin 1999 à Washington, DC, où il a reparlé harcèlement et comptes-rendus de discrimination au Comité. Cela incluait: allégations de lavage de cerveau dans l’éducation d’enfant; discrimination dans le travail; refus d’accès à une salle publique; et discrimination financière par une banque et par l’autorité fiscale gouvernementale. De plus, DeMeo s’est plaint qu’il ne puisse faire rien pour faire enlever le nom de son groupe de la liste .

Cependant, l’information que les membres de la MILS ont publiée en janvier 2000 sur l’église mère américaine de l’Institut, église de la Grande Grâce (Baltimore, Maryland) fait fortement penser qu’ils ne projettent guère de changer d’avis . La MILS a indiqué avoir appris de sources de presse diverses que la Grande Grâce avait travaillé avec la Scientologie à la reprise d’une organisation « anti-secte » et à sa transformation en un organe « pro-secte ». L’action à laquelle le rapport se réfère est la mainmise sur la CAN par la Scientologie et par un pasteur et porte-parole de l’église de la Grande Grâce, George Robertson.

Cette histoire illustre pourquoi les fonctionnaires français en veulent aux fonctionnaires américains à propos de la critique de leur position envers certains groupes. Le fondateur et pasteur en chef de la Grande Grâce, Carl H. Stevens Junior, avait employé l’intimidation pour escroquer un membre (Betsy Dovydenas) de 6.6 millions de dollars US, quand il a créé un groupe appelé « la Bible Parle » à Lenox, Massachusetts. Dovydenas a gagné son procès en 1982 contre son ancien pasteur, mais elle a obtenu peu de remboursement puisque « la Bible Parle » avait déclaré faillite (avec l’argent disparu, Stevens a acheté un appartement en Floride.) [ndt: on remarque aussi qu’il existe encore un “La Bible Parle” au Canada français] Selon un article paru dans le Boston Globe Magazine peu de temps après le procès:

“La férocité du Juge James F. Quenan dans la sentence contre Stevens est apparue comme une surprise même aux avocats de Betsy. Quenan a été convaincu par « une stupéfiante saga de duperie cléricale, d’avarice et de subjugation de la part du fondateur de l’Église, Carl H. Stevens. » La sentence se poursuit : « il a abusé de la confiance de la plaignante Betsy Dovydenas aussi bien que la confiance de beaucoup de membres bons et dévots de l’Église. » Le juge a été convaincu que Stevens « a exigé la soumission totale du prétendant…. Bref, le prétendant était une marionnette au bout d’un certain nombre de cordes manipulées par Stevens »

Stevens, en attendant, a clos son opération Lenox et déménagé à Baltimore en 1986 où il a établi un nouveau groupe, la Grande Grâce, avec l’aide d’un autre pasteur, George Robertson.

Robertson n’a jamais été ordonné par une institution reconnue et il a décrit cette nouvelle organisation à Baltimore comme “ayant une orientation évangélique indépendante qui reconnaît les enseignements baptistes”. Les critiques faites aux Français disant que leurs fonctionnaires suppriment des groupes Baptistes ne comprennent pas les relations très ténues, voire inexistantes que l’Institut (par son église-mère américaine) a en réalité avec les Baptistes. [On notera également qu’en France, l’organisation nationale protestante ne reconnaît absolument pas l’Institut théologique de Nimes comme protestante ou baptiste, ndt]

Robertson a servi de porte-parole de la Grande Grâce,et, dans sa nouvelle église (comme dans la précédente de Stevens), lui et son clergé ont dû subir la critique du CAN ancienne version, qui la considérait comme une secte et le disait fréquemment aux médias. Par conséquent, dès l’installation à Baltimore, Robertson est devenu le vice-président exécutif et « le bras armé » d’un groupe appelé les Amis de la Liberté, qui a passé beaucoup de son temps à attaquer le CAN et à aligner ses efforts à ceux entrepris par la Scientologie. Quand la Scientologie a ruiné le vieux CAN et a pris sa place, Robertson est devenu le nouveau président du CAN nouvelle version. Ayant donc établi ce lien de proximité entre le corps américain parent de l’Institut et la Scientologie, les fonctionnaires français de la MILS n’allaient pas adoucir leur position envers l’organisation. Ils semblent aussi savoir maintenant comment ce petit groupe est devenu si bien placé dans des cercles gouvernementaux américains – il a utilisé ses connexions avec la Scientologie.

9) Actions Gouvernementales françaises et publications

Malgré les revers que certaines des études françaises ont reçu, ces rapports reflètent suffisamment (voire influencent) l’avis gouvernemental sur les dangers de quelques “sectes”. En partie à cause de leur influence, l’Assemblée nationale française a unanimement passé un projet de loi établissant un nouveau crime “de manipulation mentale.” (projet qui doit passer au Sénat pour deuxième lecture.) .Ce nouveau crime pourrait mener à un emprisonnement de 5 ans et à 50,000 francs d’amende. De plus, deux condamnations des membres pour des causes comme la mise en danger d’autrui, l’utilisation illégale de la médecine, ou la publicité mensongère, pourraient aboutir à la dissolution’ de la secte elle-même). Il reste à voir si cette proposition deviendra vraiment une loi , mais si c’est le cas, il est possible que les représentants gouvernementaux l’emploieront pour essayer de fermer La Scientologie – but que la MILS a déjà soumis dans un rapport au Premier ministre.

 

Une tentative précédente par le Conseil d’État français pour réduire l’organisation en exigeant ses arriérés d’impôts, en lui refusant la permission de payer avec des fonds provenant de l’extérieur du pays, a été anéantie en mars 2000. La Cour de Justice européenne a décidé (dans un dossier constitué par la Scientologie) que le gouvernement ne pouvait pas exiger d’avoir des preuves de provenance avant que l’organisation puisse percevoir le fruit d’investissements étrangers – investissements que la Scientologie rapatriait pour répondre aux demandes fiscales du gouvernement. Dans un autre cas, l’Etat a dû payer 20 000 francs de dommages et intérêts à deux plaignants, après que l’Etat ait oublié de faire les photocopies de quarante-quatre documents ayant mystérieusement disparu en 1998. Cette disparition était sans rapport avec la disparition en 1999 de trois tonnes de fichiers liés à un autre cas de la Scientologie, disparition finalement attribuée à une erreur du greffe.

10) Violations de Droits Religieux de l’homme sur le sol américain

Tandis que bien des débats ont eu lieu chez des représentants gouvernementaux américains pour savoir si les actions contre la Scientologie par les gouvernements français et allemand constituaient des violations de droits de l’homme, peu de discussions se tinrent, comparativement, quant à des crimes probables et aux violations des droits religieux de l’homme sur le sol américain. Ces crimes probables et abus sont le type même d’activités dont les fonctionnaires européens essayent de protéger leurs citoyens, mais ils ont une tâche presque impossible quand ils cherchent à faire comprendre cette perspective à leurs homologues américains.

10.1) Les programmes RPF de Scientologie

L’exemple le plus spectaculaire nécessite de connaître, comme beaucoup de représentants gouvernementaux européens, l’opération scientologue de travaux forcés et de programmes de ré-endoctrinement en Californie et en Floride – il existe des programmes semblables en Angleterre et au Danemark. Ces programmes abusifs, nommés Projet Force de Réhabilitation ou, simplement, “RPF”, impliquent l’emprisonnement de force, la contrainte physique, des dégradations sociales et psychologiques, des confessions obligatoires et un travail pénible, que l’organisation Scientologie impose à ses membres les plus déviants ou qui produisent médiocrement. Des médias américains ont signalé le RPF dès 1984, y compris le magazine Forbes, le Los Angeles Times, le Clearwater Sun, le Times de St.-Pétersbourg et, plus récemment, 20/20 d’ABC, A&E’s “Rapports d’Enquète” et le magazine George. De plus, le World Wide Web est truffé d’informations pertinentes.

Du fait de l’histoire de l’Allemagne au milieu du siècle, elle n’accordera jamais le statut religieux à la Scientologie, tant que celle-ci utilisera les travaux forcés et des programmes RPF n’importe où dans le monde. Cependant, quand un délégué d’une commission parlementaire allemande sur les sectes a parlé du RPF à une réunion en 1998 avec le Secrétaire US adjoint du Bureau de Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail, ce fonctionnaire du Département d’Etat n’avait pas la moindre idée de ce dont le délégué allemand parlait. L’allusion à la frustration allemande sur le manque de connaissance des Américains sur ce sujet est ressorti dans une citation de la présidente allemande de la délégation. Elle a dit à un journaliste, « La connaissance qu’ont certains représentants américains quant à l’aspect totalitaire de la scientologie est limitée. Avec le temps, les Etats-Unis réaliseront aussi que c’est une organisation antidémocratique et anti-pluraliste et un pays comme l’Amérique devra alors se réveiller ».

10.2) L’Échec américain à protéger les enfants de pratiques religieuses nuisibles

Le refus américain de ratifier la Convention de l’ONU sur les Droits de l’Enfant continue à permettre aux Européens d’accuser les USA de ne pas accorder l’attention appropriée aux questions de protection de l’enfant, tandis que les européens s’en préoccupent. En 1998, deux chercheurs américains ont ainsi publié un article, “les Accidents d’enfants liés à la négligence médicale motivée par la religion,” rapport ayant conclu, “quand la foi religieuse remplace le traitement médical, le nombre d’accidents d’enfants évitables et la souffrance associée sont substantiels et devraient alerter les pouvoirs publics. Les lois existantes peuvent être inadéquates pour protéger des enfants contre cette forme de négligence médicale”. Ils ont identifié vingt-trois groupes religieux qui sont tenus « par leurs croyances fondamentales, à éviter de soins médicaux » . Après la publication de l’étude, les auteurs ont découvert une église américaine ayant enterré soixante-dix-huit enfants depuis 1955 dans son propre cimetière et une autre qui avait douze enfants morts en moins de vingt ans . Une fois encore, l’expérience américaine apprend que l’Etat doit prendre un rôle pour protéger certains enfants de la foi de leurs parents; quelques Européens ayant fait un rapport national sur les sectes ont affirmé le besoin de protéger les enfants à cet égard.

Cette législation américaine permettant de ne pas soigner les enfants pour raisons religieuses semble extraordinaire aux Européens. La prévention de mauvais traitements à enfant (1996) et l’Acte de Traitement exposent la loi de 1996 “Prévention des abus envers les enfants, et traîtement” dit expressément, « Rien dans cet Acte ne sera interprété comme exigeant Fédéralement qu’un tuteur parental ou légal fournisse un quelconque service médical à un enfant ou un traitement en opposition aux croyances religieuses du tuteur parental ou légal ». Cette clause est presque certainement le résultat de pressions par l’Église de la Science Chrétienne, laquelle a soutenu des équipes de juristes de forte pointure, par exemple le procureur Kenneth Starr qui s’en est pris à la Maison Blanche, et le futur Secrétaire d’Etat, Warren Christopher. A contrario, les nations européennes se sont engagées à protéger les enfants de la négligence médicale causée par leurs parents, comme l’indique l’Article 24 des Nations Unies “Convention sur les Droits de l’Enfant :”

Les États signataires reconnaissent le droit de l’enfant à l’utilisation de la norme accessible de santé la plus élevée et aux moyens du traitement de la maladie et la récupération de la santé. Les États signataires s’efforceront d’assurer qu’aucun enfant n’est privé de son droit d’accès à de tels services médicaux .

Le droit des enfants aux soins médicaux, donc, surpasse les vœux des parents qui refuseraient les soins disponibles pour des raisons religieuses (comme cela arrive dans certaines parties des Etats-Unis).

10.3) Revendications de Droits de l’homme servant à cacher des moyens d’abuser

L’exemple d’exemptions religieuses pour le traitement médical d’enfants aux USA a mené des fonctionnaires européens à se demander dans quelle mesure quelques groupes américains n’essayent pas de masquer des activités criminelles ou nuisibles derrière des revendications de protection religieuse, au niveau national et international. Par exemple, dans son rapport début 2000, la MILS a indiqué qu’il y avait des sectes ” utilisant fréquemment des masques religieux” (“sectarisme utilisant fréquemment un masque religieux”) pour transgresser des lois. Cette perspective cynique avait déjà été démontrée dans un article de Time magazine qui a mentionné l’impact inattendu en Floride d’une loi de protection de liberté religieuse . Dans cet Etat, la Scientologie a été inculpée sur le plan criminel avec pratique illégale de la médecine (qui, à propos, est une question primordiale en France, Italie et Espagne) et abus ou négligence envers un adulte inapte ou invalide. Ces charges (que l’Etat a finalement laissé tomber à cause de problèmes émanant du rapport du médecin légiste) portaient sur la mort de Lisa McPherson.en scientologie. Le procès civil intenté par des parties civiles contre la Scientologie est toujours en suspens. (McPherson est morte en 1995 après avoir été “aux soins” de la scientologie 17 jours durant). La Scientologie, cependant, a soutenu que ces affaires entravaient son droit de pratiquer sa foi, foi qui est maintenant protégée selon la loi d’état. Par extension, bien des fonctionnaires européens sont persuadés que la focalisation ferme des Américains sur ce qu’ils considèrent comme des questions internationales de droits de l’homme peut fournir une couverture légale pour des organisations d’origine américaine impliquées dans des actions nuisibles ou criminelles. Cette inquiétude est légitime.

10.4) Gerry Armstrong, Accords de Silence et Droit à Dignité

Le fait que l’organisation elle-même puisse être impliquée dans la violation de la liberté de parole et des droits de dignité d’un ancien membre, Gerald (Gerry Armstrong) peut se perdre au milieu des affirmations de la Scientologie, qui dit que la France et l’Allemagne violent les droits de l’homme de ses membres. En effet, certains des efforts de la Scientologie pour faire taire Armstrong sont en réaction aux remarques qu’il a faites en visitant l’Allemagne. Le procès dans lequel cette question de liberté de parole réside est complexe et Armstrong a actuellement deux condamnations en suspens en Californie. Les faits, cependant, suggèrent qu’Armstrong ne serait pas la partie coupable. Pour comprendre comment et pourquoi la liberté de parole d’Armstrong et ses droits à la dignité pourraient avoir été violés, nous devons d’abord passer en revue son rapport complexe avec l’organisation scientologie.

Armstrong a passé quelques douze ans en Scientologie (entre 1969 et 1981), incluant deux périodes au RPF (au total 25 mois). En janvier 1980, comme membre de la Sea Org [élite confraternelle du mouvement, ndt], il a reçu l’accord d’Hubbard d’effectuer des recherches pour une biographie du leader et a fait bientôt passer des documents importants (avec la permission de l’organisation) à Omar Garrison, que l’organisation avait choisi comme biographe. Armstrong a aidé à rassembler environ 400 classeurs de matériel, et a interviewé une douzaine de proches (incluant des parents) ayant connu Hubbard pendant les phases diverses de sa vie. Dès 1981, cependant, Armstrong a commencé à se rendre compte qu’Hubbard et la Scientologie avaient déformé des aspects cruciaux de la vie d’Hubbard et cette prise de conscience combinée avec la réticence de Scientologie à les corriger, a mené Armstrong à sa démission de la Sea Org en décembre. Il a continué, cependant, à aider Garrison dans ses recherches et il est resté impliqué dans le projet de biographie de la Scientologie de son leader . Le 18 février 1982, la Scientologie publiait un document appelé “Déclaration de Personne Suppressive” dans lequel l’organisation accusait Armstrong d’une série “de crimes” contre elle. Cette déclaration faisait de lui une cible (sujet au ‘fair game’ – qu’on peut traduire par gibier de potence’) pour les agents secrets de l’organisation, puisqu’une personne suppressive pouvait être ” battue, trompée, poursuivie en justice, ou détruite ‘”

Pendant une altercation avec la Scientologie (qui est arrivée après que l’organisation, dans des circonstances extrêmement douteuses, ait obtenu les photographies de la noce d’Armstrong, qu’il essayait de vendre), quelqu’un dans l’organisation a refusé de rendre les photos et lui a dit de chercher un avocat. Suite à cet incident, combiné avec ce qu’il savait de l’agressivité de l’organisation envers ses ennemis déclarés, Armstrong “a été terrifié et a craint que sa vie et la vie de sa femme soient en danger et il a aussi craint d’être la cible de procès coûteux et harcelants” . Il a engagé un avocat et obtenu auprès de Garrison les copies d e nombre d’articles dont il supposait pouvoir se servir durant le procès.

Comme prévu, à ce moment-là les assauts physiques et le harcèlement ont commencé. Armstrong fut :

* suivi et surveillé par des individus qui ont admis être employés par l’Église de Scientologie de Californie; assailli par un de ces individus; heurté physiquement par une voiture conduite par l’un de ces individus; il subit deux tentatives de ces individus de l’impliquer dans un accident d’automobile sur autoroute; une intrusion d’individus sur sa propriété, de l’espionnage par les fenêtres, et des perturbations et bouleversements chez ses voisins.

Quand l’Église de Scientologie et la femme d’Hubbard, Marie Sue Hubbard, ont poursuivi Armstrong en justice (pour se faire rendre les documents), un tribunal californien a rejeté la plainte et a même attribué des frais de justice à Armstrong .

La décision était un coup sérieux pour l’organisation. Des documents compromettants échappaient au contrôle de l’organisation et le juge présidant avait publié un acte d’accusation condamnant l’organisation. Dans une tentative pour discréditer Armstrong, la Scientologie inventa un piège qui s’est avéré être un grand succès. Un agent de la Scientologie est entré en contact avec Armstrong en se faisant passer pour membre de la faction “loyaliste” de la Scientologie , censée vouloir évincer la direction actuelle et reformer l’organisation de l’intérieur. Il demanda l’aide d’Armstrong pour planifier comment effectuer ce complot supposé, et arrangea une série de réunions avec d’autres “loyalistes” supposés pour qu’ils puissent parler de la stratégie. À l’insu d’Armstrong, un investigateur privé a enregistré sur bande les réunions. Armstrong proposait un certain nombre de voies possibles que “les loyalistes” pourraient employer pour abattre les leaders actuels, y compris la création de documents apparemment officiels qu’ils pourraient présenter comme authentiques dans les canaux de communication de l’organisation. Armstrong a aussi indiqué qu’il était en contact avec le fisc et le FBI, au sein desquels des gens cruciaux désiraient aussi parler des abus présumés des leaders avec “les loyalistes”. La Scientologie, publia alors une transcription lourdement réécrite (comprenant nombre d’effacements et d’interprétations) de la bande vidéo dans son journal de relations publiques, Freedom – baptisé “Ethique et Liberté en France, ndt .

En 1986, Armstrong faisait partie d’une vaste plainte en justice déposée contre l’organisation par d’anciens membres. L’avocat pour ce procès, Michael Flynn, a finalement négocié avec la Scientologie qui a donné chacun de ses clients une somme d’argent substantielle (dans le cas d’Armstrong, 800 000 $) à charge pour eux, individuellement, de signer des accords transactionnels avec l’organisation. La signification de cet accord transactionnel est au cœur des restrictions actuelles de parole d’Armstrong .

Le document qu’Armstrong a signé (le 6 décembre 1986) s’intitulait “Convention mutuelle de renoncement à toutes les revendications et accord transactionnel.” Armstrong a consenti à laisser tomber le procès que Flynn plaidait pour lui. Il a aussi accepté qu'”aucune nouvelle revendication provenant de son expérience avec, ou des actions par, toutes organisations de la Scientologie et scientologues, depuis cette date jusqu’à jamais, puisse être portée contre l’organisation” (Accord Mutuel, 1986 : 6). Les deux parties ont consenti, de plus, “qu’en cas de n’importe quel litige futur entre le Demandeur [Armstrong] et n’importe laquelle des organisations, ou des individus, ou des entités soit impliquée dans ce procès ou activité semblable qu’aucun des moyens juridiques ne seraient employés par aucune partie contre l’autre dans aucun litige futur. Autrement dit, ‘l’ardoise’ est essuyée concernant les actions précédentes de n’importe quelle partie” (Accord Mutuel, 1986 : 11). En effet, cette interprétation du silence mutuel concernant l’autre partie semble être l’interprétation donnée par un avocat (avoué), Lawrence E. Heller, qui avait été impliqué (défense de La Scientologie) dans les négociations d’accord transactionnel :

Le règlement universel prévoyait la non-divulgation de tous les faits à la base du litige aussi bien que la non-divulgation des termes des règlements eux-mêmes. Les obligations de non-divulgation étaient une partie clef des accords transactionnels pour toutes les parties impliquées.

4. Les dispositions de non-divulgation contractuelles étaient un sujet jamais débattu par aucune des parties ou des avocats impliqués. Durant les 2 années et ½ qui suivirent, les règlements ont été suivis en toute bonne foi par toutes les parties.

Armstrong, a donc pensé que sa bataille avec la Scientologie était finie et que lui et l’adversaire à qui il avait autrefois consacré sa vie resteraient silencieux pour toujours. Il se trompait tout à fait, comme, semble-t’il Me Heller, quant au respect dû par les deux parties des termes de non-divulgation de l’accord transactionnel.

Selon des documents qu’Armstrong a transmis à la Cour d’appel de Californie, les déclarations de la Scientologie contre lui ont continué moins d’un an après que les parties aient signé un accord qui aurait dû «entièrement essuyer l’ardoise» concernant les actions précédentes d’Armstrong contre l’organisation. Armstrong a protesté quand la Scientologie a attaqué un compte-rendu de ses expériences de RPF, dans “le dead agent pack – littérallement, “pack de l’agent mort” ” (c’est-à-dire, une collection de matériels de diffamation) conçu pour discréditer des sources employées par “un ancien membre devenu auteur critique”, Bent Corydon . En 1987, La Scientologie a étiqueté de plus Armstrong comme “un agent provocateur stipendié du Gouvernement Fédéral américain….” Des allégations semblables (qui semblent discréditer Armstrong et devraient vraisemblablement avoir été couvertes par l’accord de non-divulgation) sont aussi apparues dans une réquisition de la Scientologie en 1991 dans un procès contre le fisc américian (IRS). Le plus important (d’après Armstrong), c’est que La Scientologie ait aussi inclus le “dead agent pack », c’est à dire des déclarations diffamatoires, dans la documentation fournie par la scientologie au fisc, quant à la manière dont le fisc aurait recueilli l’information menant à sa décision d’accorder à l’organisation le statut « charity » en 1993 .

S’il est vrai qu’Armstrong a violé l’accord de non-divulgation, même la Scientologie reconnaît qu’il ne l’a fait que début 1990, soit plusieurs années après que l’organisation ait violé l’accord contre lui (et à plusieurs reprises, ce qui rendait l’accord en question sans valeur).

Un des plus remarquables arguments (couronné de succès) que l’église de Scientologie ait tenus devant les tribunaux, fut de déclarer avec insistance que la “Convention mutuelle de renoncement à toutes les revendications, l’accord transactionnel.” n’a pas légalement interdit à la Scientologie de parler de ou contre Armstrong : “l’Accord, cependant, ne contient pas une telle disposition qui imposerait une telle obligation à l’Église….” Selon cette interprétation (des avocats de la Scientologie), on a fait taire Armstrong, mais pas la Scientologie. Si c’est vrai, il est donc difficile de comprendre le mot “mutuel,” dans « convention mutuelle dans Accord transactionnel”. Apparemment, il ne signifie pas ce que le texte expose clairement : “autrement dit, ‘l’ardoise’ est essuyée concernant des actions de n’importe quelle partie”

Tandis que le procès soulève des questions sérieuses, de nouveau, sur l’abus présumé du système légal par la Scientologie, il prend une signification particulière pour des Européens, puisque l’Église de Scientologie Internationale allègue que plusieurs des infractions d’Armstrong sur cet l’accord mutuel ont eu lieu en Allemagne. Selon un document qu’un avocat de la Scientologie a transmis en décembre 1997, des violations des accords complémentaires se sont produites quand Armstrong a parlé aux médias allemands et à des représentants gouvernementaux :

“23. Je suis informé et crois qu’Armstrong s’est rendu à Berlin, Allemagne, un jour ou d’octobre, et y a fait un discours aux environs du 26 octobre 1997. Dans ce discours, Armstrong a violé l’Injonction, en faisant entre autres des déclarations sur L.Ron Hubbard et en se plaignant que l’Église emploie improprement le système légal américain et en blâmant l’Église, le système légal américain et même son propre avocat du fait qu’une citation pour mépris [du jugement] et qu’un mandat d’arrêt aient été publiés contre lui.

L’avocat de la scientologie, Andrew H. Wilson, continue en se plaignant qu’il “ait donné un interview au Berliner Zeitung et qu’à Hambourg « il soit apparu dans un colloque patronné par des personnes se disant anti-sectaires, Renate Rennebach, [sic] et Ursula Caberta » (Rennenbach est un membre SPD du Parlement allemand et Caberta dirige l’agence d’information sur La Scientologie au gouvernement de Hambourg).

Au sujet de ces représentants gouvernementaux, Wilson déclare :

Rennenbach et Caberta ont été engagées ces quelques dernières années dans des tentatives de discréditer l’Église par des moyens divers et ont fait pression sur diverses entités du gouvernement allemand, essentiellement afin de légaliser la discrimination contre les membres de l’Église de la Scientologie à cause de leur adhésion à la scientologie. En fait, l’Allemagne a été critiquée ces trois dernières années par les Nations Unies et la Commission d’Helsinki justement à cause de cette discrimination. Le Département d’Etat américain a aussi qualifié de modèle de violations des droits de l’homme les actions de l’Allemagne contre des membres de l”Église .

Finalement, Wilson s’est plaint des apparitions d’Armstrong à la télévision allemande.

Pour les Européens, cependant, toute cette affaire contre Armstrong dessert considérablement la Scientologie, indépendamment de la peine avec sursis de Californie et du procès. (En effet, à fin de décembre 2000, le procès de La Scientologie contre Armstrong a pris une tournure spectaculaire quand un nouveau juge a refusé [au moins jusqu’à audition complète] d’accorder à la Scientologie sa motion disant qu’Armstrong méprisait le tribunal. Les déclarations que la Scientologie fit sur Armstrong si tôt après que toutes les parties aient signé l’accord mutuel semblent être le type de diffamation que le groupe a la réputation d’utiliser contre ses ennemis car les déclarations de ceux-ci, d’habitude véridiques, peignent le groupe sous une lumière défavorable. Les observateurs de ce procès peuvent considérer la décision d’Armstrong de recommencer à critiquer Hubbard et la Scientologie comme une tentative de défendre sa dignité face aux graves accusations portées envers sa personnalité et ses actions. En effet, pour les Allemands, la vengeance de l’organisation contre Armstrong pour les discours dans leur pays ne fait qu’ajouter foi à ses affitrmations disant que la Scientologie “utilise improprement le système légal américain”

11) Conclusion : Le Mouvement Social Scientologie Internationale et ses opposants

En observant les complexités du débat de droits de l’homme en Europe avec la Scientologie, les spécialistes en sciences humaines essayent d’identifier les modèles de comportement qui expliquent à la fois les actions des participants, en avançant même temps le développement et les applications de leurs théories. Une analyse très particulièrement fructueuse de la Scientologie la considére comme un mouvement social international ayant développé un allié politique significatif– le gouvernement des Etats-Unis – dans ses efforts pour acquérir et disperser des ressources en Europe et ailleurs. En tant qu’entité transnationale, la Scientologie est un joueur mondialiste essayant de gagner les avantages mondiaux stratégiques pour ses aspirations de marketing. Son but principal est de mettre en œuvre “les idées et valeurs morales de son fondateur, et sa vision structurelle sociale via la scène internationale” . En effet, la Scientologie correspond de très près à la définition d’un mouvement social transnational, puisque cela implique “le soutien d’interactions litigieuses avec des adversaires nationaux ou non-nationaux – via des réseaux de challengers organisés par-delà les frontières nationales”.

Dans cette perspective de mouvement social transnational et de la controverse américaine contre les Français et les Allemands à propos de la scientologie, ce qui est le plus utile, c’est qu’il nous permette d’observer les efforts de la Scientologie afin de se présenter sous les traits d’une religion subissant des violations de droits de l’homme, ceci lui servant de stratégie de pression internationale. Les spécialistes des sciences humaines qui étudient des mouvements sociaux internationaux appellent cette stratégie de pressions “un encadrement stratégique,” puisqu’il tente de légitimer et motiver une action collective en utilisant une compréhension globalement partagée sur un sujet – dans ce cas-ci, le discours largement accepté sur les droits de l’homme.

En effet, l’analyse de la création de La Scientologie et de la perpétuation de cette stratégie d’encadrement des droits “religieux” de l’homme fournit une nouvelle compréhension pour des spécialistes des sciences humaines. Cette compréhension prend un relief particulier pour les chercheurs qui essayent de développer et d’affiner les constructions théoriques sur quoi ces mouvements sociaux finissent par s’aligner avec les gouvernements, dans leur tentative de faire progresser leurs positions au sein de nations résistantes ou hostiles. De plus, cette analyse de l’encadrement stratégique de la Scientologie a des implications directes et immédiates pour les débats de politique sociale concernant “les sectes”, débats qui font rage entre la France, l’Allemagne, la Belgique et les Etats-Unis, en particulier quant à la Scientologie.

Le succès de la stratégie de la Scientologie dans ce quon nomme les «Etats fondamentaux – ‘core states’», c’est-à-dire les pays dotés de gouvernements forts, de cultures nationales vibrantes et de grandes ressources – est ce qui a le mieux payé. Ces états fondamentaux ou pays – qui incluent les Etats-Unis, plusieurs des pays européens les plus grands et financièrement influents et probablement le Japon, qui possèdent la richesse la plus grande, qui ont les réseaux commerciaux et politiques intérieurs et internationaux les plus développés fournissent la plupart des occasions d’acquérir des ressources pour une organisation. Sans aucun doute, le plus puissant de ces pays fondamentaux est les Etats-Unis, où La Scientologie a le quartier général de plusieurs de ses organisations et opérations essentielles.

Au coeur de plusieurs des aspects importants de la controverse actuelle entre France-Allemagne et Etats-Unis, on constate que ces trois pays sont plus ou moins, des états fondamentaux. Chaque gouvernement, donc, consacre des ressources considérables à cette controverse et les bénéfices ou les défaites potentiels pour la Scientologie y sont significatifs. Les intérêts sont importants parce que ces états fondamentaux ont leurs propres sphères sociales, politiques et économiques d’influence et connexions dans le système mondial. Par conséquent, les décisions que chaque pays prend quant à la Scientologie auront un impact sur le degré de difficulté que l’organisation rencontre en essayant d’entrer dans des pays (comme dans l’ancien bloc Communiste) qui touchent ces sphères et connexions respectives.

Comme nous le savons d’après les analyses sociologiques d’opérations sociales des mouvement/ contre mouvement au sein de nations prises une par une, les aspects importants des efforts d’un mouvement social pour acquérir des ressources impliquent aussi ses efforts simultanés pour empêcher ses adversaires d’accéder aux ressources. En général, ces efforts impliquent que l’on définisse les adversaires prédéfinis comme d’intolérables criminels ou intolérablement déviants. Par conséquent, des mouvements sociaux peuvent accuser leurs adversaires de violations de lois [globalement] appréciées, ou les accuser de commettre des crimes indéfendables. Comme nous le savons déjà, la Scientologie, dans sa campagne de mouvement social mondialiste emploie cette tactique (et plus) contre les corps officiels et les individus qui s’opposent à elle, et accuse ses adversaires d’intolérance, de bigoterie et de violations de droits religieux de l’homme. Les représentants de La Scientologie et ses porte-parole propagent ces accusations lorsqu’ils s’adressent à certaines des organisations les plus influentes et puissantes en Europe occidentale et aux Etats-Unis.

11.1) Mouvements Sociaux Internationaux et Organisations intérieures

Les analystes de mouvements sociaux internationaux sont conscients que des organisations gouvernementales nationales ayant affaire principalement ou exclusivement à des questions intérieures au pays peuvent néanmoins avoir de l’impact sur des débats transnationaux. Parfois cet impact peut avoir lieu parce que ces organisations intérieures sont intéressées par, ou ont juridiction sur, des questions d’importance globale. Pour beaucoup de nations européennes par exemple, des décisions gouvernementales sur des questions intérieures doivent de plus en plus s’aligner sur les lois d’entités plus larges, ou entités internationales (comme le Parlement européen et la Cour européenne de Droits de l’homme).

En Allemagne, les activités de l’Intérieur « la police de sécurité constitutionnelle », qui surveille les menaces potentielles à la constitution allemande, sont devenues une cible des plaintes en discrimination de la Scientologie et un policier de cette police constitutionnelle a même créé un incident international mineur en se faisant prendre alors qu’il enquétait sur le sol suisse.

Une organisation intérieure du gouvernement français a empèché que la scientologie reçoive de l’argent de sources étrangères: cet effort a abouti à une décision d’arbitrage en faveur de la Scientologie à la Cour de Justice européenne. Alors que l’on continue à identifier le comportement transnational de la Scientologie en tant que mouvement social international, nous ne devons pas négliger d’observer comment ses interactions sur les agences gouvernementales et non gouvernementales intérieures influencent ses efforts mondialistes.

De loin l’exemple le plus important de décision d’une organisation nationale à avoir provoqué des implications internationales pour la Scientologie, nous trouvons l’accord avec le fisc américain (IRS) en 1993. Cet accord a accordé le statut de charity avec exemption d’impôts à l’Église de Scientologie Internationale et à ses filiales aux USA. Quels qu’aient pu être les mérites de la Scientologie, la promesse de l’organisation d’arrêter les 2 300 procès contre le département fédéral a probablement été un facteur déterminant dans la décision favorable qu’elle a reçu. La longue histoire de batailles légales de la Scientologie faisait passer un message très clair: “Cette organisation s’est entièrement préparée à faire claquer des dizaines de millions de dollars supplémentaires en dépenses légales et en temps de personnel au gouvernement fédéral”. Il ne serait pas vraiment exact de dire que la menace des litiges de la Scientologie fut la raison première à faire tourner le dos au fisc américain après plusieurs décisions défavorables des tribunaux fiscaux sur la nature imposable de l’organisation et que le fisc ait accordé le statut charitable avec exemption d’impôts; mais ceci était certainement présent à l’esprit des fonctionnaires du fisc américain.

Une des nombreuses organisations de la Scientologie à recevoir l’exemption d’impôts était l’Association Internationale de Scientologues et l’argent exempt d’impôts qui y est récolté avait des implications internationales pour l’organisation. Dans la théorie des mouvements sociaux, l’Association Internationale de Scientologues a servi de “base” pour le mouvement social Scientologie, recueillant des ressources par des donations d’adhérents et en transférant l’argent dans des projets divers de “mouvement social” (ex: annonces dans la presse contre l’Allemagne, financées en partie par sa filiale britannique). Le statut charitable attribué à ce groupe et à d’autres fut de valeur inestimable pour toute la Scientologie; de surcroît, l’action de l’IRS américain d’expédier par poste l’avis de sa décision aux gouvernements du monde entier (avec commentaires) n’ont probablement aucun précédent. Délibérément ou pas, une des agences gouvernementales intérieures les plus formidables en Amérique s’était métamorphosée en accélérateur puissant de la Scientologie internationale.On comprend mieux cette accélération en usant de la théorie traditionnelle des mouvements sociaux.

La littérature antérieure de mouvements sociaux établissait une distinction entre ‘adhérents’, c’est à dire des organisations ou des gens croyant aux buts d’un mouvement social et ‘constituants’, c’est à dire des organisations ou des gens (pas nécessairement adhérents) fournissant des ressources. La littérature plus récente signale que les autorités politiques nationales peuvent devenir des constituants pour des mouvements sociaux internationaux en fournissant des ressources dans le sens de leurs efforts. En rapport à cela, une façon utile de voir la décision du fisc américain revient à constater que cela a transformé le gouvernement des Etats-Unis d’adversaire en constituant de la scientologie et que les bénéfices résultant de cette transformation furent immédiats pour la Scientologie. En tant que charity américaine, le traitement de la Scientologie dans d’autres pays a commencé à intéresser le Département d’Etat US. De fait, la première mention de discrimination présumée de la Scientologie en Allemagne a été publiée dans le rapport de droits de l’homme annuel du Département d’Etat en 1993, publié le 31 janvier 1994 – tout juste quatre mois après la décision du fisc américain. En continuant en termes ayant trait aux mouvements sociaux, la Scientologie avait maintenant ‘ un constituant d’élite ‘ de son côté – le gouvernement des Etats-Unis – qui était devenu un supporter de base ayant accès à de vastes ressources en tant que joueur de la planète. [ndt: le traducteur a quant à lui constaté qu’un cadre supérieur d’Interpol, autre mouvement transational, tenait désormais compte de la décision du fisc américain, et ne s’intéressait plus à poursuivre la scientologie]

11.2) Tendances culturelles intérieures américaines ayant facilité les tentatives d’expansion mondialistes de la Scientologie

La Scientologie a obtenu son statut charitable américain à une période de l’histoire américaine qui lui permit de profiter de plusieurs aspects existants de la culture américaine. J’ai déjà mentionné, par exemple, la façon dont la Scientologie était capable d’utiliser la nature procédurière de la société américaine à son profit, par exemple lors des négociations avec l’IRS, bien que, à propos de cette dimension culturelle procédurière, les critiques se plaindraient du fait que la Scientologie ait fait beaucoup pour créercette dimension. Pendant la deuxième moitié des années 1990, par exemple, elle a aussi employé la procédure pour détruire le CAN et obtenir ensuite tous les fichiers de recherche de ce réseau. Ce faisant, la Scientologie faisait taire (et obtenait les riches fichiers historiques ) d’un critique disposant de relations internationales et qui s’était prononcé contre elle depuis 1974. La litigation outrancière à l’américaine, a donc bien servi la Scientologie et cela a prouvé qu’il y avait là une stratégie agressive pouvant réussir.

Dans cette ère où les questions d’information comptent, ainsi que les sujets alentour (droits de l’homme et tolérance), où le passé permet d’obtenir des informations pour le présent, obtenir tous les fichiers de l’ennemi est une récompense spectaculaire de la procédure. En essence, ce mouvement social a abattu son principal mouvement opposant national non gouvernemental. Avec la destruction du CAN, la Scientologie n’avait plus de critique très en vue, interne et non gouvernemental, pour la contrarier. Si bien que quand les Scientologues sont entrés dans les couloirs du pouvoir américain avec des cris de persécution et un chagrin affiché, aucun corps efficace n’était en mesure de neutraliser leurs protestations et leurs actions.

A part son expansion parmi l’atmosphère procédurière de l’Amérique, une autre tendance culturelle au moins a donné un accès unique à l’organisation aux élites gouvernementales et a aidé à transformer beaucoup d’entre eux en « constituants ». Cette tendance implique les lignes de plus en plus tangentes entre la politique et le spectacle – entre Hollywood et Washington. Les rapports entre des politiciens et des célébrités de Hollywood remontent à des décennies et les rapports pendant l’ère McCarthy étaient tendus. Ces rapports se sont réchauffés de nouveau pendant l’administration du Président John Kennedy, dont un beau-frère, Peter Lawford, était acteur, et parce que Kennedy lui-même avaient des rapports ‘personnels’ importants avec des stars (dont Frank Sinatra et Marilyn Monroe). Ces rapports se sont tendus de nouveau pendant la Guerre du Viêtnam (plusieurs célébrités en vue devenant de bruyants critiques américains), mais c’est certainement l’élection d’un ancien Hollywood à la présidence en 1980 (Ronald Reagan) qui a montré que les désaccords entre acteurs et politiciens étaient depuis longtemps oubliés.

Le président Bill Clinton (élu en 1992) fut le premier enfant du baby-boom à être élu la Maison Blanche et à avoir grandi sous la culture télévisuelle populaire américaine. Il aimait les films et il aimait les vedettes. Beaucoup d’entre elles l’ont aimé aussi et leur affection mutuelle signifia d’énormes bénéfices et donations financières, d’abord pour le candidat puis pour le Président. En effet, tous les candidats politiques à succès et les politiciens en vue, doivent faire le pèlerinage à « la Mecque du film » pour raison de gros sous.

Quelques vedettes disposent de fortunes énormes – plus même qu’elles ne pourront jamais en dépenser. Par conséquent, elles peuvent en consacrer des parts significatives aux causes sociales et politiques et, ce faisant recevoir des avantages fiscaux sur leurs énormes revenus. En outre, les campagnes politiques américaines sont devenues peu à peu de plus en plus coûteuses et seuls les riches – ou au moins ceux qui ont des relations avec eux – peuvent poser leur candidature aux positions fédérales. ‘Le Papotage’ avec des célébrités est ainsi devenu un aspect standard de la vie politique américaine.

En plus de la richesse, les célébrités ont aussi du temps libre d’obligations (nommé par les analystes du mouvement social ‘ le temps discrétionnaire ‘, car elles n’ont pas d’emploi permanent) et peuvent consacrer du temps à l’organisation d’une campagne ou à une autre cause sociale (en fonction de leurs désirs). En plus de la richesse et du temps discrétionnaire, les vedettes ont un produit que les politiciens veulent désespérément – le centre de l’objectif d’une caméra: c’est là le vrai produit recherché par les célébrités et les politiciens, qui sont toujours en campagne, – c’ est attirer l’attention (et si possible de façon positive).

Il s’avère que dès les années 1950 la Scientologie avait des programmes visant des célébrités. Hubbard a compris leur rôle clef comme leaders d’opinion, donc il a prévu les bénéfices potentiels comme porte-parole de son organisation. Au début des années 1990, quand cultures populaires et politiques effacèrent les désaccords entre spectacle et politique, les héritiers d’Hubbard furent capables de capitaliser sur le dos des célébrités de l’organisation comme porte-parole devant des comités gouvernementaux d’importance. Les stars scientologues du spectacle ont pénétré certains cercles sociaux que les élites politiques nationales fréquentaient, de manière soit symbiotique soit parasitique. Pour l’organisation Scientologie, cependant, ces rapports étaient extrêmement précieux.

11.3) L’effondrement du communisme et ses effets sur les aspirations de mondialisation de la Scientologie aux Etats-Unis et en Europe

La Scientologie a gagné son statut américain de charity au moment où le monde subissait une des transformations essentielles dans l’histoire humaine récente – l’effondrement du communisme. Ayant un impact direct sur les vies de centaines de millions des gens, cette transformation récente a des implications dramatiques sur tous les aspects de la vie des gens. Il y a certes des implications révolutionnaires pour la religion, et à longue échéance, cela peut s’avérer tout aussi capital que la Réforme, l’age des Lumières et l’apparition du communisme. Quelle que soit la validité des revendications religieuses de la Scientologie, la chute du communisme a eu des conséquences sur elle, bien que très variables selon les pays.

Aux Etats-Unis, la Scientologie a profité et de l’écroulement du communisme et de l’effort entrepris pour l’abattre. Au moment où la Scientologie a reçu son exonération d’impôt, des Chrétiens évangélistes (et peut-être même quelques Mormons) travaillaient avec le Département d’Etat et d’autres agences du gouvernement espérant voir ‘ le Communisme athée’ s’effondrer, dans l’espoir que cela leur permettrait un développement. Il est probable que les origines de l’intérêt des Chrétiens Évangélistes pour “la tolérance religieuse” sont nées des barrières (parfois meurtrières) que des Chrétiens ont rencontrés en essayant de convertir les populations dans certains pays. Le modèle de tolérance, cependant, sur lequel les évangélistes et le Département d’Etat se sont avancés était un modèle essentiellement américain, modèle pensant obtenir – voire exigeant – les mêmes attitudes de “laissez faire” de la part de tous les gouvernements, et ce, même lorsque ces groupes religieux en ressemblaient en fait à des entreprises commerciales américaines.

Après une tradition “de religion civile établie,” ces évangélistes, de pair avec d’autres fonctionnaires de Département d’Etat, ont cru “que l’ordre américain était bon, qu’il devait être universel, couvrir toute l’humanité, et dominer le monde pour le sauver”.

Peut-être pourraient-ils se permettre d’être tolérants, depuis que l’écroulement du Communisme (si tant est qu’ils aient jamais eu besoin de preuves) avait démontré que leur vision religieuse était finalement la gagnante. En tout cas, le statut charitable de la Scientologie apporta une sanctification laïque à ses prétentions religieuses, mais l’opposition à ses prétentions religieuses en France et l’Allemagne lui a permis de rejoindre le chœur de certaines organisations chrétiennes furieuses de “l’oppression étrangère”.

Les Européens ont éprouvé l’effondrement du communisme de façon profondément personnelle. Les Américains observaient la mort du Communisme, mais des Européens ont souffert (toujours plus) de son déclin. Pendant que se déssèchaient des institutions politiques et sociales Communistes, peu de nouvelles institutions les remplaçaient, au moins au début. Ces institutions, affaires ou religions, voire de crime organisé, arrivèrent cependant – parfois très vite, dès qu’elles réalisèrent les opportunités disponibles. Ce qui semble avoir fait passer la Scientologie comme une affaire comerciale plutôt que comme une religion en Allemagne, c’était que certains scientologues allemands s’engagèrent dans des affaires douteuses dès le début des années 1990, pour aider les tentatives financières nécessaires à la croissance de leur organisation en Bulgarie, Yougoslavie, Grèce et plus particulièrement Albanie .

Réalisant les marchés potentiellement lucratifs qui s’ouvraient, les membres allemands de la communauté d’affaires de la Scientologie ont été mobilisés pour financer des projets d’affaires en de nouveaux emplacements géographiques, par le biais de la division économique appelée l’Institut Mondial des Entreprises scientologues (WISE). Pour satisfaire ces demandes, des scientologues ont commencé à éjecter des locataires dans des résidences que les scientologues avaient rachetées, pour forcer ces locataires à racheter au prix fort (voire exorbitant). Cependant, les plaintes aux politiciens allemands, ont mené à la découverte du lien entre Scientologie et cette pratique largement critiquée; l’image désastreuse des pratiques du groupe s’est alors dévelopée. On peut dire en résumé que les pratiques allemandes douteuses de la scientologie pour tenter de lever des fonds de conquète d’autres places via son bras financier, ont définitivement détruit tout espoir que les autorités allemandes acceptent la scientologie comme religion.

11.4) Mobilisation de la Communauté Internationale

Ayant reçu son statut charitable tant désiré aux USA alors qu’elle rencontrait une ferme opposition à recevoir un statut comparable dans des pays comme l’Allemagne et la France, malgré ses efforts, la Scientologie a mis en place une stratégie de mobilisation en se servant de ce statut américain. Simplement dit, elle a extrait l’aide chez son “soutien d’élite” son “constituant” le plus connu – le gouvernement US – afin de pressurer des organisations gouvernementales et non gouvernementales nationales – ainsi que des organisations gouvernementales et non gouvernementales internationales – pour faire accepter les prétentions religieuses de la Scientologie. En même temps, le gouvernement américain exerçait des pressions sur ses collègues européens pour interpréter des règlements de droits de l’homme existants dans un sens plus laxiste, plus « laissez faire » (comme le fait le gouvernement américain pour la Scientologie sur son propre sol).

Grâce à l’exemple des relations fisc américain/scientologie, nous avons déjà vu comment les actions même menées par des organisations gouvernementales nationales peuvent avoir des conséquences internationales significatives sur les droits de l’homme. Les actions pour ou contre des organisations non gouvernementales intérieures (comme le CAN original) peuvent avoir des conséquences transnationales. Quand un groupe fait pression sur des questions de droits de l’homme et les rallie à sa cause, il y gagne encore plus facilement et directement. Ces organisations incluront des tribunaux, des commissions des impôts, des agences qui contrôlent le statut fiscal, des agences nationales s’occupant de droits de l’homme, etc. Le problème pour la Scientologie, c’est que lorsqu’elle a intensifié sa campagne pour se faire reconnaître comme religion en France et l’Allemagne, elle guerroyait en fait contre ces pays depuis les années 1970 au moins. Les corps gouvernementaux traîtant des questions de droits de l’homme étaient extrêmement peu disposés à accorder le statut religieux exigé par la Scientologie; et l’expérience récente de comportements commerciaux d’intimidation de la part de scientologues dans le marché de location/vente d’appartement en copropriété au début des années 1990 a rendu cette reconnaissance presque impossible. La société française, de plus, a été abasourdie par le meurtre/suicides de Temple Solaire, et donc, elle se méfiait beaucoup d’un groupe qui pourrait avoir des tendances dangereuses ou fanatiques.

Comme on le constate souvent, cependant, lors de débats de droits de l’homme quand des groupes nationaux ne peuvent obtenir ‘la justice’ à laquelle ils pensent avoir droit , la Scientologie européenne s’est adressée au gouvernement d’ailleurs – évidemment, aux USA – pour faire appliquer une pression externe sur la France et l’Allemagne. La Scientologie a une politique (appelée “le Plan Spécial de Zone”), politique destinée à renforcer les points d’obédience des autres groupes, afin qu’ils aillent dans le sens des désirs de la scientologie: Sur le plan organisationnel, elle y a certainement réussi avec le gouvernement américain. Les stratégies qu’elle a mises en place pour provoquer cet alignement à ses buts étaient à plusieurs niveaux, et, pour la plupart, furent efficaces. La littérature antérieure sur les mouvements sociaux soulignait plusieurs cas où le gouvernement américain avait, formellement ou pas, aidé des mouvements sociaux à l’intérieur du pays ; nous avons désormais un exemple évident où il a facilité les buts d’un mouvement social international sur une échelle globale.

Comme le font nombre de mouvements sociaux (et des sociétés internationales)), des scientologues ont embauché des lobbyistes au centre de pouvoir américain – Washington, DC. Ces professionnels du lobbying avaient des contacts sociaux et ils avaient aussi la connaissance des mécanismes des départements du gouvernement dans cette ville complexe. Apparemment ces membres de lobbies ont visé les comités clefs, les organisations nationales et offices traîtant des questions internationales quant aux droits de l’homme. Les offices et entités à propos desquels nous avons une vaste documentation sont le Comité de Relations International du Congrès US, la Commission d’Helsinki, des porte-parole du Département d’Etat et le Conseiller de la présidence en matière de Sécurité nationale . Les lobbysites ont arrangé des rencontres entre les fonctionnaires de ces institutions et les stars scientologues: ces officiels ont reçu ces célébrités. Et même s’ils avaient alors voulu trouver des voix d’opposition, après que la disparition du CAN original, ils auraient eu bien du mal à les trouver; car ces opposants n’avaient plus aucune présence de lobbying.

Alors que ces agences américaines traduisaient les plaintes de la Scientologie sous forme de discours, rapports et règlements, elles disposaient d’un répertoire de stratégies ouvertes pour subjuguer des pays comme la France, l’Allemagne et la Belgique. Ces stratégies ont inclus des conversations diplomatiques informelles, la pression diplomatique et des sanctions économiques ou politiques. Quant à la France, l’Allemagne et (il semble) la Belgique, la tactique que les fonctionnaires gouvernementaux américains ont employée le plus souvent était la stigmatisation – la honte, une technique commune dans ce que les spécialistes des sciences humaines appellent “la tactique de responsabilisation”. Les allégations que ces gouvernements “violaient” des droits religieux de l’homme ont embarrassé les Européens qui, au bout de quelque temps transigeaient. Après chaque rapport de ce type de la part du gouvernement américain, d’autres agences et médias s’en servaient.

La Scientologie, protestait alors encore plus fort; mais l’ironie de la situation apparaît alors: ses protestations d’abus et intolérance reposaient parfois sur des informations qu’elle avait elle-même fabriquées et maintenues. En fabriquant de toute pièce un scénario de “discrimination dans les affaires” censé attribué à l’adhésion d’une personne à la Scientologie en Allemagne, la Scientologie a entrepris une stratégie de mobilisation de ressources très risquée. Le but de cette stratégie consistait à créer la sympathie pour ses membres et de dénoncer l’atrocité contre un ennemi-cible en fabriquant la victimisation qui servait de support. À court terme, cela a marché; mais (comme il arrive si souvent avec des événements fabriqués) les médias l’ont finalement démasquée. On s’étonnera peut-être de savoir que le gouvernement américain n’a pas semblé réagir à avoir été ainsi trompé. [ndt: l’auteur de l’essai parle ici de l’affaire Antje Victore, un faux de la secte]

11.5) Groupes de réflexion et membres d’un groupe de pression

Complémentairement, pour soutenir des corps gouvernementaux américains divers qui ont traité des questions des droits de l’homme, la Scientologie a reçu l’appui de groupes de réflexion divers et de groupes de pressions internationaux. Les groupes de réflexion fournissent des idées et justifient la politique de mouvements sociaux. Souvent, ils combinent la science et l’idéologie pour fournir l’information de soutien à la position du mouvement social en discréditant des ennemis ou des adversaires. Ils fournissent aussi des emplacements (incluant désormais des sites Web) où ces mouvements sociaux laissent les rapports écrits des questions en jeu, rapports écrits de manière à convaincre d’autres. Les groupes de réflexion ont souvent le personnel servant comme membres d’un lobby pour le compte du mouvement social, en présentant leurs découvertes à des corps politiques ou de régulation.

Les membres de ces groupes de réflexion sont souvent membres de mouvement sociaux (ou adhérents), mais pas nécessairement. Il suffit qu’ils soient des « constituants » fournissant des ressources à un mouvement social – afin de jouer un rôle valable de légitimation des valeurs. Ils peuvent être constituants pour toute sorte de raisons, mais la plus probable, c’est qu’ils soient « les constituants de conscience”, des gens plus ou moins en accord avec les dimensions du mouvement social, mais qui ne profiteront pas de leur accomplissement » , ou «des constituants payés fournissant leurs services en échange d’honoraires, mais qui ne profiteront pas autrement » . Alors qu’il peut exister divers types de constituants supporters sur tout sujet, dans le débat sur fonds de droits de l’homme de la Scientologie, le CESNUR reste le groupe qui se détache le plus clairement en exemple, peut-être suivi par “Droits de l’homme Sans Frontières”. [ndt: la scientologie utilise en France les services des mouvements ‘extérieurs’ comme le CESNUR et HRWF, et depuis deux ans, de l’Omnium des Libertés, ndt]

Il est facile de confondre l’aide des constituants avec l’adhésion en tant que membre: c’est ce qui a pu arriver quand les réseaux de renseignements français ont dit à la MILS que Karen Lord pourrait être une Scientologue. [ndt: mon opinion personnelle est que ce sont les services secrets de la secte scientologue, OSA, qui pourraient être à l’origine de la fausse rumeur destinée à dicréditer la MILS: on a vu plus haut que la scientologie fabriquait parfois des “preuves”, cf. l’affaire Antje Victore] Alors que Karen Lord était un constituant favorable aux plaintes de la Scientologie vis à vis de la “persécution” européenne, elle a probablement agi en fonction de sa propre foi. De la même façon Massimo Introvigne agit vraisemblablement en fonction de sa propre foi bien qu’il s’efforce de légitimer les allégations de la Scientologie selon lesquelles ses membres subissent des violations de droits religieux de l’homme. La recherche des motifs des constituants peut fournir une connaissance utile (comme cela arrive quand les chercheurs observent que certains constituants sont en fait adeptes), mais dans l’analyse de la mobilisation de ressources, le fait que des constituants fournissent des ressources importe généralement plus que de savoir pourquoi ils le font

Le CESNUR est de plus en plus important sur la scène internationale. Introvigne témoigne lors de procès, passe dans des auditions dans le monde entier; les conférences de l’organisation attirent des universitaires et du personnel de droits de l’homme quelquefois bien placé. Introvigne fournit aussi des éditoriaux pour des journaux universitaires discutant religion: son influence est large. En effet, il colle parfaitement à une observation des théoriciens de mouvement sociaux, à savoir: “des professionnels … par ex. les avocats et universitaires, qu’ils soient ou non affiliés à une organisation d’un mouvement, jouent souvent des rôles importants pour les buts du mouvement ou pour focaliser les efforts du groupe destinés à obtenir des règles spécifiques” . Dans le contexte du débat sur la Scientologie en France et en Allemagne, le CESNUR est un groupe de réflexion et de lobby, groupe tentant de faire progresser les buts de légitimation de la Scientologie, ou d’influencer la politique gouvernementale européenne et américaine. Ce n’est pas une association universitaire neutre, d’autant moins que sur sa page Web Introvigne mélange positions idéologiques et recherche et information solides. Sur des questions qui sont pourtant essentielles dans ce débat des droits de l’homme et religion, comme les débats sur les apostats, le lavage de cerveau, l’intimidation, la recherche universitaire compromise, l’adhésion aux sectes et les dommages pouvant en découler, l’échange d’informations critiques sur Internet, il plaide en faveur de positions favorisant des groupes comme la scientologie

11.6) L’appel aux Corps Gouvernementaux Internationaux et Organisations Gouvernementales Internationales

Conceptuellement (en termes de potentiel de ressources), la pression gouvernementale américaine provient horizontalement aux gouvernements européens et du bas vers le haut, pour les organisations non gouvernementales nationales. À cause des tentatives de dissolution des frontières européennes, cependant, quelques critiques peuvent évidemment venir d’en haut. L’Union européenne, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne de Droits de l’homme ont le pouvoir de faire pression (et parfois même, de contraindre) la France, l’Allemagne et la Belgique pour que ces pays modifient leurs lois. En théorie, des commentaires critiques des Nations unies serviraient aussi de pression morale et pourraient exercer une pression énorme sur ces pays. Il est peu probable, cependant, que la Scientologie reçoive le même accès bienveillant dans ces organisations internationales qu’elle en a auprès des constituants essentiels du gouvernement US. En juillet 1987, elle a avec succès fait pression sur douze membres de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe pour présenter une motion sur la liberté religieuse, mais cette motion a été liée à d’autres et vite oubliée.

Des corps internationaux ont accepté d’examiner certaines des plaintes de la Scientologie, mais sans avoir été sourds aux positions de l’Allemagne et la France. La Scientologie a porté plainte, avec succès, contre la France à la Cour européenne et a vu certaines de ses plaintes publiées dans un rapport par la Commission de Nations unies sur des Droits de l’homme au début 1994. Le Rapport de l’ONU a aussi récapitulé la position de l’Allemagne, et en 1998, un enquèteur spécial a défini les qualifications de nazisme faites par la Scientologie comme «puériles et insensées ». De plus, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a recommandé l’établissement de centres d’information sur les sectes financés par les gouvernements, comme ceux qu’on voit désormais en Belgique, Autriche et France [ndt: le gouvernement du Land de Hambourg a également un centre financé par son ministère de l’Intérieur, et certains cantons suisses ont u eprsonnel qui s’en occupe aussi: cf le rapport de la police suisse sur la scientologie en 98] Pris ensemble, ces corps gouvernementaux et juridiques internationaux essayent de traîter ces questions par des voies moins procédurales que les groupes affiliés au gouvernement américain. La Scientologie, cependant, ne peut admettre la position du Conseil de l’Europe, ce qui provoque inévitablement plus de conflit qu’avant sur les sectes en Europe. Ayant détruit le plus grand ennemi intérieur en Amérique – le CAN original, la Scientologie est amèrement opposée à tout opposant européen, particulièrement ceux qui disposent la protection d’états.

On ne peut savoir d’avance si le lobby mené contre ces agences au niveau européen ou international aura du succès. Par exemple, fin avril 1999, des représentants de quinze pays membres de la Fédération européenne de Centres pour Recherche et Information sur Sectarisme (F.E.C.R.I.S) se sont rencontrés à Paris et ont passé une résolution disant qu’ils “sont unis dans le combat contre les effets de pratiques sectaires défavorables et pour aider les victimes de telles pratiques”. Seul le temps dira si ces organisations (souvent peu financées) s’uniront pour fromer une seule voix européenne formidable et faisant autorité.

11.7) Efforts de Contre mouvements Supplémentaires

Pas convaincus des revendications religieuses de la Scientologie et de ses cris de persécution, les fonctionnaires français et allemands y ont répondu de diverses façons. Ils ont refusé d’accorder des concessions fiscales; ils ont écrit des rapports critiques; et ils ont placé le groupe sous diverses surveillances (incluant des perquisitions en France et en Belgique et contrôle par la police constitutionnelle du gouvernement en Allemagne). De plus, comme l’Assemblée Parlementaire avait l’intention, certains des observatoires de secte au moins échangent régulièrement des informations. L’ambassadeur allemand rejette des invitations à apparaître devant des auditions du Congrès US sur ‘la situation critique’ de la Scientologie dans son pays (probablement pour des raisons non dites de protocole diplomatique), mais il envoie des déclarations écrites et/ou des lettres. La frustration croissante éprouvée par ces autorités européennes, face à l’incapacité de leurs homologues américains à comprendre leur position critique contre le groupe, a provoqué des moments de réelle tension internationale.

11.8) Contre-opposition et Internet

Plus importante encore que les positions officielles et des articles des médias contre la Scientologie, nous trouvons l’opposition qu’elle subit sur Internet. En effet, Internet s’avère être le talon d’Achille de la Scientologie. Du fait que les conflits sur les droits de l’homme impliquent d’avoir accès aux documentations et informations fiables le potentiel de dissémination d’Internet dans ces batailles, y compris celle contre la scientologie, est véritablement effrayant. Quelques gouvernements qui se sont opposés à la Scientologie l’emploient déjà efficacement. Le gouvernement de Bavière, poste par exemple ses déclarations officielles sur la Scientologie en langues anglaise et allemande et la MILS poste aussi nombre de ses rapports. Mais l’opposition la plus implacable envers la Scientologie passe par les innombrables personnes, “adhérentes constituantes” des mouvements opposés à la scientologie.

Bien qu’on puisse faire diverses interprétations de l’opposition Internet / Scientologie, une perspective prometteuse doit l’examiner comme s’il s’agissait “d’un réseau de plaideurs transnationaux” – c’est-à-dire unn réseau lié à l’Internet, partageant de l’information, “un réseau d’activistes, que l’on peut classer par la centralité d’idées des principes ou valeurs de leur motivation [par rapport à la] formation [de ce réseau]”. Aucune organisation formelle n’existe; aucune coordination centrale ne dirige ses activités; et le réseau peut tout au plus produire une action collective sporadique (exemple: des manifestations occasionnelles f ace à des locaux de la Scientologie). Les gens dans ce réseau sont des volontaires, mais certains ont investi des centaines d’heures dans des efforts de disséminer l’information contre la Scientologie et ses prétentions de violations des droits religieux de l’homme. La source actualisée d’information sur la Scientologie est le forum internet, <news:alt.religion.scientology>. De plus, ces gens ont développé des douzaines de sites Web contenant l’information sur la Scientologie. Certains sites Web se spécialisent sur des aspects particuliers de la Scientologie et ils sont toujours liés électroniquement avec d’autres sites possédant des informations complémentaires.

Nombre de services spécialisés contre la Scientologie apparaissent par ailleurs, avec des sites Web contenant des collections uniques d’information de grande importance. Tilman Hausherr d’Allemagne, par exemple, a construit une liste “de questions fréquemment posées” sur la Scientologie en Allemagne ainsi qu’une autre liste sur des universitaires (qu’il appelle ‘les apologistes des sectes ») lesquels (croit-il) soutiennent la Scientologie et d’autres groupes controversés. D’énorme importance pour les anglophones, un service de traduction Allemand-Anglais officieux fourni par Joe Cisar, qui inclut des centaines d’articles de médias avec des rapports gouvernementaux clefs. De la même façon Roger Gonnet de France fournit un service semblable pour l’information en langue française . Les sites de Mark Bunker copient sur Internet des vidéos importantes au sujet d’événements divers et Jeff Jacobsen numérise des documents clefs et des rapports. Rod Keller fait un résumé de nouvelles hebdomadaire sur <news:alt.religion.Scientology> alors que Kristi Wachter fournit un historique au jour le jour du passé de la scientologie. La collection la plus vaste de matériel critique apparaît probablement dans “Opération Clambake” le site Web dirigé par Andreas Heldal-Lund, de Norvège. En terminologie de sciences humaines, ces gens sont “les acteurs non-officiels acquérant de l’influence en servant de sources supplémentaires d’information”. En résumé, le contenu et la quantité de matériel, la plupart négatif, qu’on trouve sur Internet à propos de la Scientologie, menace mondialement les revendications de légitimation de l’organisation, et la Scientologie n’a été capable d’empêcher la diffusion que d’une faible quantité de cette information au sein du cyberespace.

J’ai suggéré plus tôt que le CESNUR semblait être un groupe de réflexion Catholique conservateur et un groupe de pression s’intéressant aux plaintes d’abus présumés prétendus par la Scientologie et par d’autres groupes controversés. Un aspect important de cette entreprise est sa prééminence sur le World Wide Web. Il tente d’être le site Web vers lequel les gens se tourneraient quand ils veulent de l’information sur diverses questions mondiales liées aux « nouvelles religions » et leurs batailles sur la liberté religieuse en Europe et ailleurs. Plus ce site a d’informations (et le site CESNUR est très grand), plus les moteurs de recherche de web le noteront comme un site approprié à visiter. Parmi son information utile, cependant, le CESNUR sort de l’information universitaire et place de l’information polémique. Il reproduit les textes d’articles qui renforcent son idéologie et minimise ou néglige les positions défiant ses opinions. Néanmoins, le CESNUR est devenu une formidable présence sur le web, mais ne peut faire équilibre avec le volume de matériel moins favorable à la Scientologie, matériau que d’autres ont posté ailleurs.

Ce qui empêche Internet d’avoir un impact dévastateur sur les prétentions de la Scientologie à être victime de discrimination religieuse, c’est que la cyber-communauté, en tant que réseau de plaideurs, n’a pas d’accès aux mêmes comités puissants et aux mêmes politiciens que la Scientologie. De plus, peut-être parce que le matériel produit par la Scientologie sur sa situation critique de persécution est si convaincant pour les élites, ou peut-être parce que les politiques n’ont pas confiance en l’exactitude de l’Internet, les personnes au pouvoir semblent ne pas utiliser la richesse de ce matériel libre qui n’a besoin que de quelques clics de souris.

11.9) Une Organisation de Contre mouvement émergente : le Trust Lisa McPherson

Sans une présence de lobby efficace à Washington, les adversaires de la Scientologie ne peuvent jamais fournir leur information aux décideurs qui en ont besoin. Est apparue, cependant, un organisation s’opposant spécifiquement à la Scientologie, qui s’est installée à quelques mètres seulement de ses locaux de Clearwater, en Floride; il s’agit du Trust Lisa McPherson (démarré le 6 janvier 2000). Le nom de l’organisation suit un modèle souvent observé dans les batailles de droits de l’homme, où les avocats d’une position particulière se rallient à “des événements symboliques puissants”. La mort de McPherson est l’un de ces événements, car survenue après qu’elle ait été livrée aux « soins » de Scientologues dans un de leurs locaux pendant dix-sept jours, durant lesquels elle subissait apparemment une “décompensation psychotique”. Dans les esprits des critiques, son traitement et sa mort sont venus pour symboliser tout ce qui va de travers en Scientologie: cette organisation d’opposition s’est donc ainsi nommée en souvenir de ce décès. Elle a été fondée par Robert Minton, qui a rejoint la bataille contre la Scientologie après avoir appris sur Internet les tentatives de la Scientologie pour réduire ses critiques au silence; il a dépensé des millions de dollars de son argent personnel dans un effort concerté pour stopper ce que lui et d’autres disent être des violations des droits de l’homme par la Scientologie.

Il reste à voir, cependant, quel impact à long terme le trust Lisa McPherson aura en tant qu’organisation d’opposition. Bien des contributions innovatrices sur Internet viennent de gens associés à l’organisation, mais l’emplacement géographique du Trust Mc Pherson en Floride limite sa capacité à devenir l’important lobby dont le contre mouvement a besoin. De plus, il lui manque une sorte de stature professionnelle que le CESNUR possède, puisque le Trust Mc Pherson ne tient pas de conférences universitaires et que ses joueurs clefs n’ont pas de fortes lettres de créance professionnelle. Néanmoins, le Trust Mc Pherson est en réseau avec des mouvements d’opposition en France, Allemagne et ailleurs. Pour sa part, la Scientologie en est suffisamment inquiète pour avoir essayé d’étouffer ses activités comme elle a essayé d’étouffer celles de la dirigeante anti-Scientologie de Hambourg, Ursula Caberta quand elle a rendu visite au Trust à fin été 2000 .

Tout indique que cette bataille à propos des plaintes de La Scientologie pour violations de droits de l’homme continuera longtemps. Les gouvernements français et allemands ne montrent aucun signe de capitulation face à la pression américaine. En attendant, trois défenseurs du congrès de longue date de la situation critique alléguée par la Scientologie en Europe – Matt Salmon, Donald Payne et Benjamin Gilman – ont présenté une autre résolution au Comité de Relations Internationales, résolution qui dit que la Chambre des députés “désapprouve l’intolérance croissante, la discrimination et la violence dirigée contre des individus et des groupes à cause de leur religion ou croyance.” Ils ont choisi l’Autriche, la Belgique, la France et l’Allemagne comme pays où l’intolérance fleurirait et ont nommé les Témoins de Jéhovah, les Baptistes du Sud, les Unificationnistes [c’est-à-dire, les Moonistes], les Mormons, l’Opus Dei et la Scientologie (parmi d’autres) comme étant des groupes victimes. Ils ont rendu alors visite au Président et à l’Ambassadeur itinérant pour la Liberté Religieuse Internationale, en demandant de faire cesser cette intolérance (supposée) dès que possible. Finalement et peut-être de plus de façon intéressante, la résolution demande qu’on inclue des “experts en liberté religieuse” dans “les délégations des Etats-Unis pour préparer les réunions d’organisations internationales, y compris l’OSCE”. On ne sera pas surpris de constater que le Comité des Relations Internationales ait unanimement voté cette proposition. En attendant, un des Sénateurs de l’Utah, Orrin Hatch, a indiqué que la persécution que sa foi Mormone souffrait, ce qui l’a sensibilisé à la situation de Scientologues dans ces deux pays, et le poussait à prendre parti contre eux. [ndt: il est absolument faux que la France ait nommé le mormonisme ou le baptisme comme sectes]

Il reste apparent qui Hatch et d’autres personnages-clés dans le gouvernement américain continuent à mal comprendre les raisons mêmes qui font que les pays européens comme la France et l’Allemagne (et probablement la Belgique et l’Autriche) continuent à rester fermes dans leur opposition à la Scientologie et à d’autres idéologies controversées. Le maniement réussi de l’IRS américain par la Scientologie et la destruction de son groupe critique fournisseur d’information (le CAN originel) ont fait que l’organisation n’a guère eu d’opposition à ses tentatives nationales de lobby. Par conséquent, ces fonctionnaires mal informés ne peuvent observer les réactions des fonctionnaires français et allemands à la Scientologie qu’avec les œillères du contexte mythifié de questions de liberté religieuses américaines . Ils sont incapables de se rendre compte que l’opposition internationale à la Scientologie en Europe peut ne pas représenter les violations de droits religieux de l’homme, mais au lieu de cela signifier une tentative de protéger les citoyens d’une organisation dont les violations de droits de l’homme présumées contre ses propres membres semblent être systématiques et ordinaires.

Copyright © Stephen A. Kent 2001

 

BIBLIOGRAPHIE -NON TRADUITE – L’essentiel est reporté sur les notes de bas de page.

NOTE D’UN TRADUCTEUR: Une partie signifricative des références indiquées plus bas peut être trouvée (user de mots clés dans le moteur de recherche) sur le site <http://home.worldnet.fr/gonnet>

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Copyright © Stephen A. Kent 2001

First published in Marburg Journal of Religion